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SCHAPELYNCK (Brugge)

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SCHAPELYNCK (BRUGGE)

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DESCRIPTION

SCHAPELYNCK
Bruges
Flandre-Occidentale
Belgique

Variantes du nom
SCHAPELYNCK — SCHAEPELYNCK — SCHAPELINCK — SCHAEPELINCK — SCHAPELYNK — SCHAPELIJNCK — SCHAEPELIJNCK — anciennement SCHAPELYNCQ.
La forme retenue par J.-B. Rietstap est SCHAPELYNCK.
La graphie SCHAEPELYNCK s’est particulièrement répandue en Flandre française et dans le nord de la France.

Armoiries
« De gueules, au chevron d’argent, accompagné en chef de deux moutons passants et affrontés et, en pointe, d’un dauphin en forme de croissant versé, le tout d’argent. »
Ces armes sont enregistrées par J.-B. Rietstap pour une famille établie à Bruges.
Aucun titre, couronne, support, cri ou cimier n’est indiqué dans l’Armorial général.
Cette absence ne constitue pas, à elle seule, une preuve de condition roturière, Rietstap omettant fréquemment les ornements extérieurs.
Elle demeure toutefois compatible avec le statut d’une famille de la bourgeoisie armoriée ou du patriciat urbain brugeois.

Le blasonnement
« de gueules à trois moutons d’argent »,
Parfois rapproché du nom SCHAPELYNCK, ne doit pas être retenu comme variante sans preuve supplémentaire.
Dans le Recueil héraldique de Gailliard, ces armes sont attribuées à la famille LAMPREEL, alliée aux SCHAPELYNCK.

Historique
La famille SCHAPELYNCK appartient au monde urbain de Bruges sous l’Ancien Régime.
Elle est attestée dès le milieu du XVIe siècle parmi les officiers municipaux, les hommes de loi, les artisans d’art, les ecclésiastiques et les administrateurs des institutions religieuses ou charitables de la cité.
Rietstap la localise expressément à Bruges, sans lui attribuer de titre nobiliaire.
Les fonctions exercées par ses membres permettent de la rattacher à la bourgeoisie dirigeante et armoriée de la ville, plutôt qu’à la noblesse féodale du comté de Flandre.
Bruges avait été, du XIIIe au XVe siècle, l’un des principaux centres économiques de l’Europe du Nord. Malgré le déclin progressif de son port à l’époque moderne, la ville conserva une bourgeoisie influente composée de marchands, d’officiers de justice, de juristes, d’orfèvres, de clercs et d’administrateurs.
Les SCHAPELYNCK s’inscrivent dans ce milieu urbain lettré et institutionnel.

Les premières mentions brugeoises
Adriaan SCHAPELYNCK exerçait, au milieu du XVIe siècle, les fonctions de clerc de la vierschaar, ou juridiction échevinale de Bruges.
Un protocole judiciaire établi par lui et couvrant les années 1548 à 1556 est conservé parmi les documents relatifs à l’administration de la justice brugeoise.
En 1571, Christian SCHAPELYNCK est mentionné comme orfèvre à Bruges.
Plusieurs membres des familles SCHAPELYNCK et SPILLEBEEN apparaissent alors dans le milieu des orfèvres de la ville.
Cette activité plaçait ses représentants parmi les artisans d’art spécialisés, étroitement liés aux corporations et à la bourgeoisie urbaine.
Ces mentions permettent de faire remonter avec certitude la présence du nom à Bruges au moins jusqu’au milieu du XVIe siècle.
La filiation exacte entre tous ces premiers porteurs du patronyme n’est cependant pas entièrement reconstruite.

Biographies

Joannes SCHAPELYNCK, pasteur d’Ardooie. Joannes SCHAPELYNCK, né à Bruges, paroisse Sainte-Walburge, le 2 octobre 1610, obtint le grade de bachelier en théologie.
Il fut desservant à Hooglede en 1646, puis nommé pasteur d’Ardooie en mars 1647. Il exerça ce ministère jusqu’en 1676.
Son arrivée à Ardooie coïncida avec une période particulièrement difficile, marquée par la guerre franco-espagnole et par une épidémie de peste. Entre novembre 1647 et janvier 1648, les registres paroissiaux signalent plusieurs inhumations de victimes de la contagion, parfois accompagnées des mentions latines prae contagione et in agro, indiquant que les défunts avaient été ensevelis hors du cimetière ordinaire.
La carrière de Joannes SCHAPELYNCK est connue par une étude consacrée aux pasteurs d’Ardooie, fondée notamment sur le registre no 4 de la ville de Bruges, les registres paroissiaux d’Ardooie et les archives de l’abbaye de Zonnebeke.

Jean SCHAEPELINCK, magistrat brugeois. Jean SCHAEPELINCK, fils de Marc SCHAEPELINCK, fut sire de la société littéraire du Saint-Esprit en 1631 et 1632. Cette confrérie réunissait des bourgeois cultivés autour d’activités religieuses, littéraires et théâtrales.
Jean fut ensuite conseiller de Bruges en 1644, puis échevin de la ville en 1649. Il épousa Isabelle BEERBLOCK, veuve d’André van de Voorde, issue d’une famille qui avait également fourni plusieurs magistrats à Bruges.
De cette union naquirent au moins :
Donat SCHAEPELINCK ;
Corneille SCHAEPELINCK.
Cette alliance avec les BEERBLOCK confirme l’intégration des SCHAEPELINCK dans le réseau des familles de la bourgeoisie municipale brugeoise.

François SCHAPELYNCQ, échevin de Bruges
François SCHAPELYNCQ, fils de Josse SCHAPELYNCQ et de Marie INBONA, fut l’un des représentants les mieux documentés de la famille.
Il exerça les fonctions d’échevin de Bruges en 1683 et devint membre de la société de Saint-Georges en 1685.
Cette ancienne confrérie d’archers occupait une place importante dans la vie civique et cérémonielle de Bruges.
En 1692, François fut nommé gouverneur de l’école Bogaerde, institution consacrée à l’entretien et à l’instruction des garçons pauvres de la ville. Il fut également marguillier de l’église Sainte-Walburge pendant vingt-sept années.
Il épousa Marie-Anne BEERBLOCK, fille d’Antoine Beerblock et d’Anne de Meester. Le mariage dura cinquante-six ans.
François mourut le 25 janvier 1726. Marie-Anne Beerblock le suivit dans la tombe le 11 juin de la même année.
Leur sépulture se trouvait dans le chœur de l’église Sainte-Walburge de Bruges, sous une pierre de marbre ornée de leurs armes.
Elle portait la devise :
MITI HARMONIA
Cette formule latine peut être comprise comme « par une douce harmonie » ou « dans une paisible concorde ».
Le caveau familial reçut également :
François-Antoine SCHAPELYNCQ, fils de François, mort célibataire le 30 juillet 1715, âgé de quarante-quatre ans ;
Jacques SCHAPELYNCQ, fils de François, avocat au Conseil de Flandre, mort le 8 mai 1741, âgé de soixante-trois ans ;
Françoise SCHAPELYNCQ, fille de Jacques, morte célibataire le 11 avril 1748, âgée de vingt-six ans.
Les charges d’échevin, de conseiller, d’avocat au Conseil de Flandre, de gouverneur d’une institution charitable et de marguillier démontrent l’appartenance de cette famille à l’élite administrative, judiciaire et paroissiale de Bruges.

Implantation en France
Aux XVIIIe et XIXe siècles, le patronyme apparaît sous la forme SCHAEPELYNCK, notamment à Lille et dans le nord de la France.
Il se rencontre ensuite en Picardie, particulièrement à Rue, dans la Somme.
Le passage de SCHAPELYNCK à SCHAEPELYNCK relève des variations ordinaires de l’orthographe flamande.
La diphtongue ae, ancienne notation du son long correspondant au néerlandais moderne aa, fut diversement conservée ou simplifiée dans les registres français.
La proximité géographique et l’identité du patronyme rendent possible un rattachement des porteurs français à la famille brugeoise. Néanmoins, aucune filiation continue reliant formellement la souche de Bruges aux branches de Lille et de Picardie n’est actuellement établie. Ces rapprochements doivent donc demeurer prudents.

Étymologie
SCHAPELYNCK est un nom de formation flamande.
Le premier élément, schaep ou schaap, signifie « mouton » en moyen néerlandais et en néerlandais moderne. La terminaison -lynck, -lijnck ou -linck appartient à un ensemble de formations suffixales fréquentes dans l’anthroponymie flamande.
Le nom a pu désigner, à l’origine, une personne associée à l’élevage des moutons, à la garde des troupeaux, au commerce de la laine ou portant simplement un sobriquet formé sur le nom de cet animal. Il convient cependant de ne pas donner à cette interprétation professionnelle une valeur certaine en l’absence d’une forme médiévale explicitement documentée.
Les deux moutons figurant dans les armoiries établissent en revanche un rapport phonétique manifeste avec le patronyme. Il s’agit ainsi d’armes parlantes, les meubles du blason rappelant directement le nom de la famille.

Héraldique et symbolique
Le champ de gueules et les meubles d’argent forment une composition sobre, fortement contrastée et conforme aux usages de l’héraldique flamande.
Le chevron d’argent constitue la pièce honorable centrale. Il ordonne l’écu en séparant les deux moutons placés en chef du dauphin disposé en pointe.
Les deux moutons passants et affrontés constituent l’élément parlant des armes. Ils peuvent également évoquer, dans le contexte brugeois, l’importance historique de la laine et du drap dans la prospérité de la Flandre. Leur position affrontée produit une composition équilibrée et presque symétrique.
Le dauphin d’argent en forme de croissant versé est un meuble plus singulier. Le dauphin héraldique ne reproduit pas exactement l’apparence naturelle du cétacé : il est traditionnellement représenté sous la forme d’un poisson courbé, pourvu d’une crête, de nageoires et d’une queue développée.
La signification historique de ce dauphin demeure inconnue. Son rapprochement avec les activités maritimes de Bruges, le Zwin et le commerce international constitue une interprétation possible, mais non démontrée. Il pourrait également provenir d’une ancienne alliance, d’un emblème personnel ou d’un jeu de mots dont le sens s’est perdu.
D’un point de vue symbolique moderne, la composition peut être lue comme la rencontre des deux grandes sources de la prospérité flamande : le mouton et la laine de l’intérieur des terres, associés au commerce maritime représenté par le dauphin. Cette interprétation reste toutefois conjecturale et ne doit pas être présentée comme une explication transmise par la famille.

Personnages remarquables

Louis-Stanislas-Laurent-Joseph SCHAEPELYNCK. Né à Lille le 6 mars 1878, Louis-Stanislas-Laurent-Joseph SCHAEPELYNCK embrassa la carrière militaire.
Officier d’infanterie pendant la Première Guerre mondiale, il fut chef de bataillon au 273e régiment d’infanterie et commanda provisoirement cette unité du 12 au 21 février 1918. Il commandait également le 6e bataillon du régiment.
Cité à sept reprises au cours de la guerre, il fut nommé officier de la Légion d’honneur. Une cérémonie commémorative organisée en 2009 au cimetière de l’Est de Lille rappela son action militaire. Une plaque y fut déposée avec l’inscription : « En hommage à notre aïeul, Louis Schaepelynck, qui fut l’un des artisans du 11 novembre 1918. »
Il mourut en 1929. Son dossier est conservé aux Archives nationales dans la base Léonore et un fonds le concernant est signalé au Service historique de la Défense.

Gérard-Auguste-Frédéric-Joseph SCHAEPELYNCK
Fils du précédent, Gérard-Auguste-Frédéric-Joseph SCHAEPELYNCK naquit à Lille le 24 avril 1913.
Admis à l’École polytechnique dans la promotion de 1932, il choisit la carrière des armes et servit dans l’artillerie. Il suivit ensuite les cours de la 67e promotion de l’École supérieure de guerre.
Après une longue carrière militaire, il fut promu général de brigade en 1968. Il mourut le 13 décembre 1978, âgé de soixante-cinq ans.

Paul SCHAEPELYNCK
Paul SCHAEPELYNCK, notaire à Rue, dans la Somme, fut également un homme de lettres et un érudit régionaliste actif durant l’entre-deux-guerres.
Proche de l’écrivain et poète Théo Varlet, il devint trésorier de l’Association des Amis de Théo Varlet. Il participa aux efforts entrepris pour faire connaître l’œuvre de l’écrivain et soutenir sa veuve.
Il publia vers 1938 l’essai Théo Varlet et la Flandre et contribua également aux travaux de la Société d’émulation historique et littéraire d’Abbeville.

Valentin SCHAEPELYNCK
Philosophe de formation, Valentin SCHAEPELYNCK est maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université Paris VIII.
Ses recherches portent sur l’histoire et l’actualité de l’analyse institutionnelle, les pédagogies nouvelles, les antipsychiatries et la politisation des questions éducatives. Il est notamment l’auteur de L’institution renversée. Folie, analyse institutionnelle et champ social, publié en 2018.

Laly SCHAPELYNCK
Née à Saint-Saulve en 2005, Laly SCHAPELYNCK est une joueuse française de handball évoluant au poste de gardienne de but. Elle a notamment appartenu à l’effectif de Paris 92 et participé aux compétitions organisées sous l’autorité de la Fédération européenne de handball.
Elle porte la graphie SCHAPELYNCK, sans la diphtongue ae.

Quentin SCHAEPELYNCK
Quentin SCHAEPELYNCK est un dirigeant d’entreprise français. Fondateur de la plateforme zePASS, il est devenu directeur général de Homair Vacances en 2018 et président-directeur général d’Erba Rossa Développement.

Statut de la famille
Aucune concession de noblesse, aucun anoblissement impérial, royal ou belge et aucune admission dans un ordre nobiliaire n’ont été retrouvés pour la famille SCHAPELYNCK.
Rietstap ne lui attribue aucun titre et la désigne seulement comme établie à Bruges. Les fonctions exercées par ses membres correspondent principalement à celles de la bourgeoisie municipale, judiciaire, artisanale et ecclésiastique.
La famille doit donc être présentée, en l’état des recherches, comme une famille ancienne de la bourgeoisie armoriée ou du patriciat urbain de Bruges, sans qualification nobiliaire démontrée.

Sources héraldiques
J.-B. Rietstap, Armorial général, Gouda, éditions de 1861 et de 1884-1887.
Victor et Henri Rolland, Illustrations de l’Armorial général de J.-B. Rietstap, 1903-1926.
D. de Renesse, Dictionnaire des figures héraldiques.
Lionel Sandoz, mise en couleurs des planches de Victor et Henri Rolland, 1993-2002.
Armorial.org, fonds iconographique et héraldique Lionel Sandoz.

Sources historiques et bibliographiques
J. Gailliard, Inscriptions funéraires et monumentales de la Flandre occidentale, partie consacrée à l’église Sainte-Walburge de Bruges.
J. Gailliard, Recueil héraldique concernant les familles nobles et patriciennes de la ville et du Franc de Bruges.
Handelingen van het Genootschap voor Geschiedenis te Brugge, études relatives aux institutions brugeoises, aux orfèvres et aux pasteurs d’Ardooie.
Protocole d’Adriaan SCHAPELYNCK, clerc de la juridiction échevinale de Bruges, 1548-1556.
Custis, Jaerboecken der stad Brugge, tome III.
L. Torfs, Fastes des calamités publiques survenues dans les Pays-Bas et particulièrement en Belgique, Tournai, 1859.
Historique du 273e régiment d’infanterie.
École supérieure de guerre, notice de Gérard-Auguste-Frédéric-Joseph SCHAEPELYNCK.
Bulletin de la Société d’émulation historique et littéraire d’Abbeville.
Archives de l’Association des Amis de Théo Varlet.
Palais de Tokyo et Université Paris VIII, notice de Valentin SCHAEPELYNCK.
Fédération européenne de handball, fiche de Laly SCHAPELYNCK.

Archives
Bruges, Stadsarchief : registres de la ville, actes de la juridiction échevinale, protocole d’Adriaan SCHAPELYNCK et registre no 4 concernant Joannes SCHAPELYNCK.
Bruges, église Sainte-Walburge : registres des sépultures, fondations pieuses et caveau de la famille SCHAPELYNCQ-BEERBLOCK.
Ardooie, archives paroissiales : registres du ministère de Joannes SCHAPELYNCK, 1647-1676, et inhumations liées à la peste de 1647-1648.
Fonds de l’abbaye de Zonnebeke : documents relatifs à la paroisse d’Ardooie.
Archives nationales, base Léonore : dossier de Louis-Stanislas-Laurent-Joseph SCHAEPELYNCK.
Service historique de la Défense, Vincennes : fonds Louis SCHAEPELYNCK, cote GR 1 KT 1447.
Bibliothèque nationale de France, Gallica : éditions de l’Armorial général de Rietstap.

⚜️ © Droits d'auteur : Lionel Sandoz, dessin des armoiries et texte, 2026.



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