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DALLE CARCERI (Verona, Eubea.)

DALLE CARCERI_Vérona, Eubea_Italia Grècia (1)+

DALLE CARCERI (VERONA, EUBEA.)

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DESCRIPTION

DALLE CARCERI
Vérone
Eubée, duché de Naxos
Italie Grèce

Armoiries :
" D'argent, à un château crénelé de sable, ajouré de gueules, mouvant du flanc dextre, senestré d'un cerf élancé d'or, le tout soutenu d'une terrasse de sinople, et un bras de carnation, issant de la fenêtre du château et tenant une palme de sinople vers ledit cerf. "

✶ HISTORIQUE

La famille DALLE CARCERI appartient à l’ancienne noblesse communale de Vérone et apparaît dans les sources dès la seconde moitié du XIIe siècle. Elle constitue surtout l’une des grandes familles latines qui, à la suite de la quatrième croisade et de la conquête de Constantinople en 1204, s’établirent durablement dans les territoires grecs.

L’Enciclopedia Italiana rattache l’origine du nom à une maison possédée par la famille sur la place du marché ou ancien forum de Vérone, dans un lieu qualifié dans les documents médiévaux d’ad Carceres. La proche église Saint-Marc aurait elle-même été désignée par référence à ce lieu. Le premier représentant clairement signalé est un Gibertino ou Wibertino DALLE CARCERI, podestat de Vérone entre 1171 et 1173, de nouveau en 1179, puis représentant de la commune de Vérone à la paix de Constance en 1183.

La famille prit une part importante aux luttes politiques de Vérone entre les factions dites des Conti et des Monticoli. Redondello DALLE CARCERI fut podestat de Vérone en 1210 ; Leone DALLE CARCERI joua également un rôle politique notable dans les années 1220. Les rapports de la famille avec les Della Scala devinrent ensuite hostiles et plusieurs de ses membres furent compris parmi les bannis après le meurtre de Mastino della Scala en 1277.

Mais l’importance historique des DALLE CARCERI dépasse très largement Vérone. Plusieurs membres de la famille accompagnèrent les contingents lombards de la quatrième croisade. Après la conquête de l’Eubée — que les Latins appelaient Négrepont — Boniface de Montferrat organisa l’île en trois grands fiefs ou terzieri. Les détenteurs de ces portions furent dès lors appelés terzieri, « tierciers » ou « triarques ».

L’un des principaux chefs latins de l’île, traditionnellement connu sous le nom de Ravano DALLE CARCERI, établit progressivement son autorité sur l’ensemble de l’Eubée vers 1208-1209, après la disparition ou le départ des autres premiers seigneurs. Il rechercha simultanément l’appui de l’Empire latin de Constantinople et celui de Venise. Un accord avec la République de Venise assura à celle-ci d’importants privilèges commerciaux et politiques à Négrepont tout en maintenant le pouvoir féodal de DALLE CARCERI.

À la mort de ce seigneur en 1216, l’Eubée fut de nouveau répartie entre plusieurs héritiers et familles apparentées. Une portion revint notamment à Merino ou Marino DALLE CARCERI et à Rizzardo DALLE CARCERI, fils de Redondello. La structure féodale se compliqua ensuite par des subdivisions en sixièmes, des mariages, successions et conflits avec les Byzantins, les princes d’Achaïe, les Ghisi, Venise et différentes familles latines d’Orient.

La puissance des DALLE CARCERI se maintint ainsi en Eubée durant près de deux siècles. Parmi les représentants du XIIIe siècle apparaissent Narzotto DALLE CARCERI, Marino II DALLE CARCERI, Grapella DALLE CARCERI, Carintana DALLE CARCERI et Alix ou Alicia DALLE CARCERI, dont les alliances avec les Villehardouin et les Ghisi relient la famille aux principales dynasties de la Grèce franque.

Au XIVe siècle, la branche qui nous intéresse particulièrement aboutit à Pietro DALLE CARCERI, puis à son fils Giovanni DALLE CARCERI, seigneur d’une importante partie de l’Eubée. Giovanni épousa Fiorenza Sanudo, héritière de la dynastie des ducs de l’Archipel. Leur fils Niccolò DALLE CARCERI réunit ainsi les traditions seigneuriales de Négrepont et de Naxos.

À la mort de sa mère Fiorenza en 1371, Niccolò devint duc de l’Archipel, dont la capitale était Naxos. Il régna jusqu’en 1383. Son assassinat cette année-là permit à Francesco Crispo, seigneur de Milos et parent par alliance des Sanudo, de prendre le contrôle du duché. Les sources contemporaines et postérieures soupçonnèrent Crispo d’avoir été impliqué dans la disparition du duc. Venise reconnut rapidement le nouveau maître du duché.

Ainsi, du forum communal de Vérone aux îles de l’Égée, l’histoire des DALLE CARCERI illustre remarquablement la formation d’une aristocratie latine d’Orient issue de la quatrième croisade, profondément imbriquée dans les intérêts de Venise et dans les dynasties féodales de la Grèce médiévale.

Une réserve historiographique importante doit toutefois être faite. Les anciens auteurs, notamment ceux du XIXe et du début du XXe siècle, ont parfois confondu plusieurs familles véronaises établies en Eubée. Les recherches d’Anthony Luttrell et de Raymond-Joseph Loenertz soulignent notamment qu’il n’existe pas de preuve que Giberto da Verona, l’un des premiers tierciers, ait porté le nom DALLE CARCERI. Il faut donc éviter de transformer automatiquement tous les « da Verona » de Négrepont en membres de la famille DALLE CARCERI.

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✶ ÉTYMOLOGIE

Le patronyme DALLE CARCERI est d’origine topographique et urbaine, et non, semble-t-il, un surnom évoquant directement l’emprisonnement d’un ancêtre.

La famille possédait à Vérone une demeure située près du marché ou ancien forum dans un endroit désigné dans les documents sous la forme latine ad Carceres, c’est-à-dire « aux prisons » ou « près des prisons ». L’expression finit par individualiser la demeure puis ses occupants : de Carceribus, dalle Carceri. L’ancienne église Saint-Marc du quartier aurait également été connue sous une désignation associée au lieu.

Le nom DALLE CARCERI signifie donc littéralement, dans l’italien médiéval, « ceux des Carceri », c’est-à-dire ceux provenant ou demeurant au lieu appelé Carceres.

Cette origine est particulièrement intéressante car elle atteste que le nom existait à Vérone avant l’installation de la famille en Grèce. Il ne s’agit donc pas d’un surnom acquis en Eubée.

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✶ HÉRALDIQUE

Giovanni Battista di Crollalanza donne pour les CARCERI de Vérone les armes correspondant exactement au document communiqué :

« D’argent, à une forteresse crénelée de sable mouvant du flanc dextre, ajourée de gueules et senestrée d’un cerf élancé d’or ; un bras au naturel tenant une branche de palme de sinople, issant de la fenêtre de la forteresse et tourné vers le cerf ; le tout sur une terrasse de sinople. »

La formulation italienne reproduite dans l’extrait transmis est :

« D’argento, alla fortezza merlata di nero movente dal fianco destro, finestrata di rosso e sinistrata da un cervo saliente d’oro; un braccio al naturale tenente un ramo di palma di verde, uscente dalla finestra della fortezza e rivolto verso il cervo; il tutto sopra una terrazza di verde. »

L’ouvrage de Crollalanza indique également deux armes alias, ce qui est important pour l’étude héraldique de la famille.

Premier alias :

« Parti : au 1er d’argent, à deux étoiles de gueules, l’une en chef et l’autre en pointe ; au 2e de sinople plein ; à la bande d’azur brochant sur le tout, chargée de trois roses d’or boutonnées de gueules. »

Second alias :

« Coupé : au 1er d’argent, à un mont de trois coupeaux de sinople mouvant de la partition ; au 2e d’azur, à un mont de trois coupeaux de sinople mouvant de la pointe. »

Ces variantes peuvent correspondre à des branches, des traditions différentes ou des relevés héraldiques effectués à des époques distinctes. Elles ne doivent pas être automatiquement attribuées à tous les représentants médiévaux de la famille sans preuve sigillographique ou documentaire.

La notice d’Armorial.org répertorie également CARCERI (DALLE) parmi les familles accompagnées d’armoiries.

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✶ SYMBOLIQUE DU BLASON

L’interprétation symbolique doit rester distincte de l’histoire documentaire : aucun texte médiéval actuellement relevé ne démontre que chaque meuble fut adopté pour une signification précise. On peut néanmoins proposer une lecture conforme au langage traditionnel de l’héraldique.

L’argent, métal du champ, évoque traditionnellement la franchise, la droiture, la loyauté et la pureté d’intention.

La forteresse crénelée de sable constitue l’élément dominant. Elle renvoie immédiatement à l’idée de défense, de puissance territoriale et de commandement militaire. Dans le cas des DALLE CARCERI, famille devenue seigneuriale dans la Grèce franque et détentrice de places fortes en Eubée, cette représentation acquiert une résonance particulièrement appropriée, même s’il ne faut pas y voir sans preuve le souvenir d’une forteresse déterminée.

Le sable, appliqué à la forteresse, exprime dans la tradition héraldique la constance et la fermeté.

Les ouvertures de gueules donnent vie à la forteresse et peuvent évoquer courage, valeur militaire et détermination.

Le cerf d’or, représenté élancé ou bondissant, est un meuble héraldique associé à la noblesse, à la vigilance, à la rapidité et parfois à la recherche d’un idéal élevé. L’or lui confère les valeurs de générosité, d’élévation et de prestige.

Le bras de carnation sortant de la fenêtre introduit une action humaine dans la composition. Il est porteur d’une palme de sinople tendue en direction du cerf. La palme est depuis l’Antiquité et le christianisme un symbole de victoire, de paix après l’épreuve et de gloire. Dans une lecture emblématique, la scène peut donc suggérer la victoire offerte ou proclamée depuis la forteresse.

La terrasse de sinople constitue enfin l’assise du tableau héraldique. Le sinople se rattache à l’espérance, à la vitalité et à la permanence.

L’ensemble forme donc des armes particulièrement narratives, presque une petite scène emblématique : la puissance fortifiée, la noblesse du cerf et la palme de victoire ou de paix.

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✶ BIOGRAPHIES DES PERSONNAGES REMARQUABLES

Gibertino ou Wibertino DALLE CARCERI – XIIe siècle
Il est le plus ancien représentant assuré de la famille signalé dans les synthèses historiques. Podestat de Vérone entre 1171 et 1173 puis en 1179, il représenta la ville à la paix de Constance en 1183. Sa carrière montre que les DALLE CARCERI appartenaient déjà, avant la quatrième croisade, au groupe dirigeant de la commune véronaise.

Redondello DALLE CARCERI – actif au début du XIIIe siècle
Membre important de la branche demeurée liée à Vérone, il fut podestat de la ville en 1210. Il est donné comme père de Merino et Rizzardo, qui reçurent après 1216 une partie de l’Eubée.

Enrico DALLE CARCERI – évêque de Mantoue
Frère de Redondello, il est attesté comme évêque de Mantoue depuis au moins 1193 et encore dans les premières décennies du XIIIe siècle. Il témoigne de l’importance ecclésiastique atteinte par la famille parallèlement à son rôle politique et militaire.

Ravano DALLE CARCERI – † 1216
Personnage majeur de l’histoire de la famille, il participa à l’établissement latin en Grèce après la quatrième croisade. Installé en Eubée, il parvint vers 1209 à exercer l’autorité sur la totalité de Négrepont. Il négocia avec l’empereur latin et avec Venise et joua un rôle décisif dans l’installation durable de la puissance vénitienne dans l’île. À sa mort, en 1216, ses possessions furent réparties entre plusieurs héritiers. Les sources modernes insistent sur la complexité de sa politique, entre fidélité féodale à l’Empire latin et reconnaissance des intérêts vénitiens.

Narzotto DALLE CARCERI – XIIIe siècle
Fils de Merino et de Margherita de Pecoraro da Mercanuovo, Narzotto naquit vraisemblablement en Grèce. Il appartenait à la génération issue de l’implantation définitive des DALLE CARCERI en Eubée. Sa carrière fut entièrement déterminée par le système complexe des tierciers et des sixièmes de Négrepont.

Carintana DALLE CARCERI – XIIIe siècle
Héritière d’une partie des droits familiaux sur Négrepont, elle épousa Guillaume II de Villehardouin, prince d’Achaïe. Cette alliance plaça les DALLE CARCERI au cœur de la haute aristocratie de la Grèce franque.

Alix ou Alicia DALLE CARCERI – XIIIe-XIVe siècles
Issue de la branche de Négrepont, elle épousa Giorgio Ghisi, seigneur de Tinos et Mykonos. Cette union est un autre exemple des alliances conclues entre les grandes familles latines de l’Égée.

Pietro DALLE CARCERI – † 1340
Tiercier de Négrepont, Pietro posséda également des intérêts dans la principauté d’Achaïe, notamment par ses mariages et alliances. Il est l’un des principaux représentants de la famille dans la première moitié du XIVe siècle. Son fils Giovanni lui succéda.

Giovanni DALLE CARCERI – † 1358
Fils de Pietro, il devint seigneur d’une importante partie de l’Eubée. Son mariage avec Fiorenza Sanudo, fille du duc Giovanni I Sanudo, fut capital pour l’avenir dynastique de la famille. De cette union naquit Niccolò, qui devait hériter à la fois des droits DALLE CARCERI en Eubée et du duché de l’Archipel par sa mère.

Niccolò DALLE CARCERI – vers 1358-1383
Fils de Giovanni DALLE CARCERI et de Fiorenza Sanudo, il succéda à sa mère en 1371 comme duc de l’Archipel, dont Naxos était le centre politique. Certaines sources le désignent comme Niccolò II, d’autres comme Niccolò III selon la numérotation retenue. Il épousa en 1381 Petronilla Tocco, fille de Leonardo I Tocco, comte de Céphalonie ; leurs fiançailles semblent avoir été prévues plusieurs années auparavant. Le couple n’eut pas de descendance légitime.

Son gouvernement inquiéta progressivement Venise. En 1383, dans un contexte de troubles sur Naxos, Niccolò fut assassiné. Francesco Crispo, seigneur de Milos, prit immédiatement le pouvoir et fut reconnu par Venise. Les contemporains soupçonnèrent Crispo d’avoir participé à la disparition du dernier duc DALLE CARCERI de Naxos.

La donnée fournie dans les arbres joints, qui fait naître Niccolò en 1358 et mourir en 1383, est compatible avec une partie de la tradition généalogique. Son mariage avec Petronilla TOCCO est historiquement attesté. En revanche, les localisations et dates proposées par des arbres généalogiques collaboratifs doivent rester considérées comme des indications secondaires lorsqu’elles ne sont pas confirmées par des actes.

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✶ UNE RECTIFICATION IMPORTANTE : BONIFACIO DA VERONA

L’extrait du Dizionario storico-blasonico de Crollalanza communiqué avec la demande attribue à la famille CARCERI un Bonifacio, seigneur de Gardiki, Égine et Karystos, puis bailli du duché d’Athènes, ainsi qu’un fils Tommaso.

Cette attribution doit aujourd’hui être corrigée ou, au minimum, fortement nuancée.

Les recherches modernes montrent que Bonifacio da Verona, né vers 1270, descendait de Giberto da Verona et appartenait à une famille véronaise distincte de celle des DALLE CARCERI. Les travaux d’Anthony Luttrell précisent qu’il n’existe aucune preuve permettant d’assimiler Giberto da Verona aux DALLE CARCERI.

Bonifacio devint effectivement seigneur de Gardiki et d’Égine, puis de Karystos par son mariage avec Agnese de Cicon et fut bailli du duché d’Athènes. Mais il convient donc de ne pas l’insérer sans réserve dans la généalogie des DALLE CARCERI. Une étude récente sur l’Eubée rappelle d’ailleurs cette carrière tout en le désignant comme Bonifacio da Verona.

Cette rectification est importante pour une notice destinée à avoir une valeur historique et héraldique sérieuse.

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✶ SOURCES HÉRALDIQUES

Giovanni Battista di Crollalanza, Dizionario storico-blasonico delle famiglie nobili e notabili italiane estinte e fiorenti, vol. I, Pisa, 1886 : article CARCERI (dalle) di Verona. C’est la source correspondant directement à l’extrait communiqué et au blason principal retenu dans la présente notice.

Armorial.org – Lionel Sandoz, entrée CARCERI (DALLE), qui conserve le relevé héraldique correspondant à cette famille.

Les armes secondaires ou alias données par Crollalanza ont été conservées dans la notice parce qu’elles constituent un témoignage héraldique ancien ; leur rattachement précis aux différentes branches demanderait toutefois une étude sigillographique complémentaire.

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✶ SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES

Luigi Simeoni, « DALLE CARCERI », Enciclopedia Italiana, 1931. Cette notice constitue une synthèse utile sur l’origine véronaise de la famille, son rôle communal et son implantation en Eubée.

Anthony Luttrell, articles consacrés à Ivano DALLE CARCERI, Narzotto DALLE CARCERI, Leone DALLE CARCERI et aux seigneurs de Négrepont dans le Dizionario Biografico degli Italiani. Ces travaux sont essentiels parce qu’ils corrigent plusieurs confusions généalogiques plus anciennes.

Raymond-Joseph Loenertz, Les seigneurs tierciers de Négropont de 1205 à 1280, Byzantion, XXXV, 1965 ; et Les Ghisi, dynastes vénitiens dans l’Archipel (1207-1390), Florence, 1975. Ces travaux sont parmi les références modernes les plus importantes pour reconstituer correctement les lignages de Négrepont.

Louis de Mas Latrie, « Les seigneurs terciers de Négropont », Revue de l’Orient latin, t. I, 1893. Cet ouvrage ancien fut longtemps une référence majeure et est encore cité dans l’Enciclopedia Italiana.

William Miller, The Latins in the Levant. A History of Frankish Greece (1204-1566), Londres, 1908. L’ouvrage traite abondamment de la domination latine en Eubée et des DALLE CARCERI.

James Rennell Rodd, The Princes of Achaia and the Chronicles of Morea, Londres, 1907, 2 vol., utile notamment pour Pietro DALLE CARCERI, les tierciers d’Eubée et leurs alliances.

Jean Longnon, L’Empire latin de Constantinople et la Principauté de Morée, Paris, Payot, 1949.

David Jacoby, La Féodalité en Grèce médiévale : les « Assises de Romanie », sources, application et diffusion, Paris-La Haye, 1971.

Kenneth M. Setton, The Papacy and the Levant, 1204-1571, vol. I, Philadelphie, 1976.

Charles A. Frazee, The Island Princes of Greece. The Dukes of the Archipelago, Amsterdam, 1988.

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✶ GALLICA ET GOOGLE BOOKS

Les collections anciennes numérisées permettent de compléter efficacement cette recherche.

Parmi les titres à consulter figurent la Revue de l’Orient latin, contenant l’étude de Louis de Mas Latrie sur les seigneurs tierciers de Négrepont, ainsi que différents ouvrages du XIXe siècle consacrés aux États latins de Grèce.

L’ouvrage du père Robert Saulger, Histoire nouvelle des Ducs et autres Souverains de l’Archipel, publié à Paris en 1698, est particulièrement intéressant pour l’histoire ancienne du duché de Naxos. Une édition numérisée renvoie notamment à Google Books.

Saulger est toutefois un auteur tardif par rapport aux événements du XIVe siècle : son témoignage doit donc être confronté aux documents vénitiens et aux études critiques modernes.

Les recherches dans les fonds numérisés confirment également l’importance des travaux de Miller, Rodd, Hopf et des anciennes chroniques de Romanie, mais les généalogies de Karl Hopf doivent être utilisées avec prudence : Luttrell et Loenertz ont relevé de nombreuses erreurs dans certaines de ses reconstitutions.

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✶ ARCHIVES

Pour approfondir l’histoire des DALLE CARCERI, les fonds les plus prometteurs ne se trouvent pas uniquement à Vérone : une grande partie de la documentation est liée à Venise et aux possessions vénitiennes de l’Égée.

Les Archivio di Stato di Venezia constituent donc une source fondamentale. Il conviendrait d’y rechercher en priorité les séries concernant les traités et pactes avec les seigneurs de Négrepont, les actes du bailo de Negroponte, les délibérations du Sénat et du Grand Conseil, ainsi que les documents relatifs au duché de l’Archipel. Les travaux de Luttrell renvoient notamment aux recueils diplomatiques de Tafel et Thomas contenant des actes vénitiens des années 1204-1216.

Les Archivio di Stato di Verona et les archives communales de Vérone sont à consulter pour la période antérieure à la quatrième croisade : podestats, actes communaux, propriétés situées près du marché et du lieu ad Carceres, ainsi que les documents concernant les factions des Conti et des Monticoli.

Les archives ecclésiastiques de Mantoue peuvent apporter des renseignements complémentaires sur Enrico DALLE CARCERI, évêque de Mantoue.

Les archives pontificales sont également particulièrement précieuses. Plusieurs bulles d’Innocent III, notamment des années 1209-1212, concernent directement le seigneur DALLE CARCERI de Négrepont, ses rapports avec le clergé latin et grec et son projet de mariage avec Isabella. Elles sont signalées dans la Patrologia Latina, tome CCXVI.

Enfin, pour la période de Niccolò DALLE CARCERI, les délibérations vénitiennes des années 1370-1383 constituent probablement le dossier documentaire le plus important, en particulier pour son gouvernement de Naxos, son mariage avec Petronilla Tocco, les troubles de 1383 et la reconnaissance de Francesco Crispo après sa mort.

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✶ CONCLUSION

La famille DALLE CARCERI compte parmi les lignages véronais qui jouèrent le rôle le plus remarquable dans l’Orient latin issu de la quatrième croisade. Présente dans les institutions communales de Vérone dès le XIIe siècle, elle transplanta une partie de sa puissance dans l’Eubée conquise, où ses membres furent pendant plusieurs générations tierciers de Négrepont. Par les alliances avec les Villehardouin, les Ghisi et surtout les Sanudo, elle entra dans le cercle étroit des grandes dynasties de la Grèce franque.

L’union de Giovanni DALLE CARCERI et de Fiorenza Sanudo porta finalement la famille sur le trône du duché de l’Archipel avec Niccolò DALLE CARCERI, duc de Naxos jusqu’à son assassinat en 1383.

L’héraldique transmise par Crollalanza — la forteresse de sable, le cerf d’or et le bras tenant la palme — constitue une représentation exceptionnellement figurative et originale. Elle mérite cependant, comme la généalogie elle-même, d’être distinguée des confusions anciennes entre DALLE CARCERI et les différents lignages simplement désignés « da Verona ».

C’est précisément sur ce dernier point que la confrontation des sources anciennes avec les travaux de Loenertz et Luttrell permet aujourd’hui d’établir une notice DALLE CARCERI beaucoup plus rigoureuse que les généalogies traditionnelles du XIXe siècle.

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⚜️ © Droits d'auteur : Lionel Sandoz, dessin des armoiries et texte, 2026.

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