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ARTAUDIERE (de l') (Château de l'Artaudière)

ARTAUDIERE (de l')_Château de l'Artaudière (Dauphiné)_Ffance

ARTAUDIERE (DE L') (CHÂTEAU DE L'ARTAUDIÈRE)

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DESCRIPTION

ARTAUDIÈRE (de l')
Château de l'Artaudière (Isère)
Dauphiné
France

Armoiries :
« De gueules à la croix d’or, parti en chef à senestre d’un écartelé aux griffons alternés d’argent et de gueules ; coupé en pointe d’argent aux trois têtes de taureaux de sable accolées, accompagnées de rosaces, et à l’agneau passant en pointe. »
- Timbre : Casque d’argent grillé d’or, couronné d’une couronne noble (marquisale ou comtale).
- Lambrequins : de gueules et d’argent doublés d’or.
- Devise : Pour elle tout mon sang. Nul n’enfonce la porte.
(D'après le blason visible au-dessus de la porte d’entrée du château est une version du XIXe siècle.)

✶ Historique
La famille L'ARTAUDIÈRE tire son nom du château de l'ARTAUDIÈRE, ancienne maison forte fondée au Moyen Âge sur la commune de Saint-Bonnet-de-Chavagne en Isère (Dauphiné).
Attestée dès 1345, cette seigneurie voit se succéder trois grandes familles : les ARTHAUD (propriétaires initiaux du XIIIe siècle au début du XVIe siècle), les de La PORTE (du XVIe siècle au XIXe siècle) et les de MARCIEU (milieu du XIXe siècle jusqu'à la fin du XIXe siècle).
- Les ARTHAUD, premiers seigneurs, donnent leur nom au site. La maison forte évolue en château au fil des siècles.
Durant les Guerres de religion, le château est incendié par les protestants en 1580.
André II de La PORTE entreprend sa restauration vers 1590.
La famille de La PORTE transforme profondément le domaine, le faisant passer d'une modeste fortification à une demeure prestigieuse, avec des travaux majeurs aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles (galerie Renaissance, escalier, etc.).
En 1729, Louis XV élève les terres de l'ARTAUDIÈRE au rang de marquisat.
La famille s'illustre au service de la royauté.
Au milieu du XIXe siècle, les de MARCIEU prennent possession du domaine.
En 1893, le château est vendu à un banquier lyonnais. Classé Monument historique en 1991, il appartient aujourd'hui à la commune et fait l'objet de restaurations.
Le site historique est ouvert au public en libre accès, avec des jardins entretenus par des bénévoles et la mairie, une exposition permanente « L'ARTAUDIÈRE, une seigneurie rurale » dans les communs, et des expositions temporaires.

✶ Étymologie
Le nom L'ARTAUDIÈRE dérive directement de la famille ARTHAUD, premiers seigneurs du lieu. ARTHAUD est un nom de personne d'origine germanique, composé de Hart (dur, fort) et wald (gouverner), signifiant approximativement « celui qui gouverne avec force » ou « puissant gouverneur ». Le suffixe « -ière » indique la possession ou le domaine associé à cette famille, typique des toponymes seigneuriaux dauphinois. Le nom s'écrit souvent L'ARTAUDIÈRE pour désigner la branche seigneuriale liée au château.

✶ Héraldique
« De gueules à la croix d’or, parti en chef à senestre d’un écartelé aux griffons alternés d’argent et de gueules ; coupé en pointe d’argent aux trois têtes de taureaux de sable accolées, accompagnées de rosaces, et à l’agneau passant en pointe. »
- Timbre : Casque d’argent grillé d’or, couronné d’une couronne noble (marquisale ou comtale).
- Lambrequins : de gueules et d’argent doublés d’or.
- Devise : Pour elle tout mon sang. Nul n’enfonce la porte.

✶ Symbolique du blason
La symbolique des armoiries du Château de l’ARTAUDIÈRE (ou ARTHAUDIÈRE) est celle d’un blason composite réunissant les armes de trois familles nobles qui se sont succédé à la tête du domaine : les ARTHAUD (premiers propriétaires, donnant leur nom au lieu), les de La PORTE et les de MARCIEU.
Ce type d’armoiries « d’alliance » ou de réunion reflète l’histoire successorale du château (XIIIe au XIXe siècle) et symbolise la continuité du lignage et du pouvoir seigneurial en Dauphiné.

1. Le champ principal : « De gueules à la croix d’or »
Gueules (rouge) : Couleur de la vaillance, du courage martial, du sang versé et de l’amour. Très fréquente dans l’héraldique noble pour exprimer la bravoure et la loyauté au combat.
Croix d’or : La croix est l’un des plus anciens et nobles meubles héraldiques. Elle évoque la foi chrétienne, la protection divine, le sacrifice et la victoire spirituelle/militaire. L’or renforce la noblesse, la générosité et la constance.
Attribution : Il s’agit des armes de la famille de La PORTE, dominante dans l’histoire du château (XVIe-XIXe siècles).
Devise associée : « Pour elle tout mon sang. Nul n’enfonce la porte. »
« Pour elle tout mon sang » exprime un dévouement total (à la dame, à la patrie, à la foi ou au roi) jusqu’au sacrifice ultime.
« Nul n’enfonce la porte » joue sur le nom de famille (« La Porte ») et affirme une indéfectible défense du foyer, du château et de l’honneur. C’est un cri de guerre défensif typique d’une famille de seigneurs fortifiés.

2. Parti en chef à senestre : « Écartelé aux griffons alternés d’argent et de gueules »
Griffons : Créatures mythiques (corps de lion, tête et ailes d’aigle) symbolisant la vigilance, la force, le courage et la noblesse. Ils allient les qualités terrestres (lion) et célestes/aériennes (aigle). Alternés argent (pureté, sincérité) et gueules (vaillance), ils renforcent l’idée de protection farouche et de double nature (guerrière et spirituelle).
Cette partie correspond aux armes de la famille ARTHAUD (parfois orthographié Arthod). Sur le monument, les figures peuvent apparaître comme des lions ailés ou griffons stylisés.

3. Coupé en pointe : « D’argent aux trois têtes de taureaux de sable accolées, accompagnées de rosaces, et à l’agneau passant en pointe »
Argent (blanc/argenté) : Pureté, innocence, paix et sincérité.
Trois têtes de taureaux de sable (noir) accolées : Le taureau symbolise la force brute, la fertilité, la persévérance et la puissance terrienne. Le noir évoque la constance, la gravité ou le deuil guerrier. Les trois têtes suggèrent la puissance collective ou trinitaire. Accompagnées de rosaces (fleurs stylisées) : Les roses évoquent la beauté, la grâce, le mystère (rose mystique) ou la récompense du mérite.
Agneau passant : Symbole chrétien majeur de l’innocence, du sacrifice (Agneau de Dieu / Agnus Dei) et de la douceur victorieuse. Il contraste avec la force des taureaux, illustrant l’équilibre entre puissance et mansuétude.
Cette partie inférieure correspond aux armes de la famille de MARCIEU (ou Emé de MARCIEU), qui posséda le château au XIXe siècle.
Éléments extérieurs

* Timbre : Casque d’argent grillé d’or, couronné d’une couronne noble (marquisale ou comtale).
Il indique le rang élevé de la famille (les de La PORTE furent élevés au marquisat en 1729).
* Lambrequins : Gueules et argent doublés d’or → Reprennent les couleurs principales et évoquent le manteau du chevalier, symbolisant protection et élégance.

Synthèse de la symbolique globale
Ce blason composite raconte une histoire de continuité seigneuriale : force défensive et foi (croix + griffons), puissance terrienne et sacrifice chrétien (taureaux + agneau), le tout au service d’un idéal de loyauté absolue (« Pour elle tout mon sang ») et d’inviolabilité (« Nul n’enfonce la porte »). Il reflète les valeurs nobles classiques du Dauphiné : courage militaire, attachement à la terre, piété et fidélité au roi.
Le blason visible au-dessus de La PORTE d’entrée du château est une version du XIXe siècle (époque MARCIEU) qui fusionne ces héritages.

✶ Biographique des personnages remarquables
Parmi les figures notables :
- Les seigneurs ARTHAUD, fondateurs de la maison forte.
- André I de La PORTE (mentionné en 1517 dans son testament pour la chapelle).
- André II de La PORTE, qui restaure le château après 1590.
- Claude Mathias de La PORTE, premier marquis de l'ARTAUDIÈRE (XVIIIe siècle), qui hérite et consolide les biens.
- Joseph Nicolas de La PORTE, dernier marquis notable, maréchal de camp, chevalier de l'ordre de Saint-Louis, de la Légion d'honneur, commandeur de divers ordres, illustrant l'apogée de la famille au service de la monarchie.
- Albéric de MARCIEU, qui vend le domaine en 1893.
Ces personnages ont marqué le Dauphiné par leur rôle militaire, administratif et leur contribution à l'embellissement du château.

✶ Sources héraldiques
Armorial de Dauphiné (références aux armes des de La PORTE et familles dauphinoises). Blasons décrits sur le site du château de l'ARTAUDIÈRE et dans des études locales sur le patrimoine isérois. Représentations sculptées et peintes au château (porte d'entrée, etc.).

✶ Sources bibliographiques
Dominique Chancel, Le château de l'ARTAUDIÈRE, Saint-Bonnet-de-Chavagne, Grenoble, Conseil général de l'Isère, coll. « Patrimoine en Isère », 2013.
Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, 1987.
Études et bulletins de sociétés savantes dauphinoises (histoire locale du Dauphiné).
Site officiel du château de l'ARTAUDIÈRE.

✶ Archives
Archives départementales de l'Isère (titres de propriété, terriers, actes notariés relatifs aux familles ARTHAUD, de La PORTE et de MARCIEU). Fonds du château (testaments comme celui d'André I de La PORTE en 1517, actes de restauration). Documents mériméens et inventaires des Monuments historiques. Fonds des familles nobles du Dauphiné conservés localement.
Cette notice s'appuie sur des sources historiques publiques et patrimoniales fiables concernant le domaine et les familles qui l'ont possédé. Le nom L'ARTAUDIÈRE reste attaché à ce riche patrimoine dauphinois.


⚜️ © Droits d'auteur : Lionel Sandoz, dessin des armoiries et texte, 2026



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