DESCRIPTION
⚜️
MIGNON
Mechelen (Malines), Vaux-Lez-Rosières.
Provinces d’Anvers et de Namur ; ancien Luxembourg belge.
Belgique, Luxembourg.
- Par lettres patentes de Marie-Thérèse, impératrice et souveraine des Pays-Bas, données à Vienne le 28 juin 1738, Jean-Baptiste Mignon est créé chevalier, transmissible à tous ses descendants mâles et femelles.
- Confirmation de noblesse le 19 novembre 1759, il obtient une déclaration d’ancienne noblesse devant la Chambre des comptes de Luxembourg, ce qui lui permet d’être inscrit aux états nobles de la province et d’accéder aux charges exclusivement réservées à la seconde classe (noblesse immémoriale ou très ancienne). Cette démarche, courante à l’époque, visait à effacer la trace récente de l’anoblissement de 1738 et à assimiler la famille aux lignages plus anciens.
⚜️Armoiries :
" Parti: au 1, losangé d'azur et d'argent; au 2, d'argent, au lion de gueules, armé et lampassé d'azur. Au chef de l'écu d'or, brochant sur le parti et chargé de deux roses de gueules, boutonnées d'or, barbées de sinople. "
- Casque couronné.
- Cimier: une rose de gueules, tigée et feuillée de sinople.
- Lambrequin: d'or et de gueules.
⚜️Sources héraldiques :
- Armorial d'Europe par J.B. Rietstap (Gouda, 1861, 1884, 1887; Berlin, 1934, 1937).
- Armorial général J.B. Rietstap, illustré par Victor et Henri Rolland (1903-1926). Colorisé par Lionel Sandoz (1993-2002).
⚜️Origines
Le patronyme Mignon est porté, en Belgique, par une famille bourgeoise originaire de Mechelen (Malines), en province d’Anvers (Brabant flamand historique), qui s’est ensuite implantée à Vaux-lez-Rosières (aujourd’hui commune de Vaux-sur-Sûre), dans la partie wallonne de l’ancien duché de Luxembourg (actuelle province de Luxembourg).
Cette double implantation (Flandre brabançonne et Ardenne luxembourgeoise) est caractéristique de certaines lignées marchandes ou administratives du XVIIIᵉ siècle qui ont essaimé du nord vers le sud des Pays-Bas autrichiens.
⚜️Noblesse
Anoblissement : lettres patentes de l’impératrice-reine Marie-Thérèse, accordées le 28 juin 1738.
Déclaration d’ancienne noblesse (confirmation et reconnaissance de noblesse immémoriale ou, plus probablement, consolidation du titre de 1738) : 19 novembre 1759.
La famille fut ainsi admise aux états nobles de la province de Luxembourg et put accéder aux charges réservées à la noblesse dans les Pays-Bas autrichiens.
⚜️Armoiries (description héraldique complète)
Blasonnement officiel (conforme aux éditions Rietstap et Rolland) :
« Parti : au 1, losangé d’azur et d’argent ; au 2, d’argent, au lion de gueules, armé et lampassé d’azur.
Sur le tout, un chef de l’écu d’or brochant sur le parti et chargé de deux roses de gueules, boutonnées d’or, barbées de sinople. »
- Casque : d’argent couronné à cinq fleurons (casque de noble).
- Cimier : une rose de gueules, tigée et feuillée de sinople (reprise de la charge du chef).
- Lambrequins : d’or et de gueules.
- Supports et devise : non mentionnés dans les sources classiques (probablement aucun).
⚜️Interprétation symbolique succincte
- Le losangé d’azur et d’argent (premier canton) évoque souvent une origine marchande ou une alliance avec des familles portant des armes échiquetées ou losangées (fréquentes en Brabant).
- Le lion de gueules sur argent (second canton) est un meuble classique de bravoure et de souveraineté, courant dans l’Ardenne et le Luxembourg.
- Le chef d’or aux deux roses de gueules constitue une brisure distinctive, peut-être en souvenir d’une alliance ou d’un fief particulier. La rose est un symbole fréquent dans la noblesse des Pays-Bas méridionaux.
⚜️Sources héraldiques principales
- J.-B. Rietstap, Armorial général, 1ʳᵉ éd. Gouda 1861, 2ᵉ éd. 1884-1887 ; rééditions Berlin 1934-1937.
- .-B. Rietstap, Armorial général précédé d’un dictionnaire des termes du blason, illustré par Victor et Henri Rolland, 6 vol., 1903-1926 ; planches colorisées par Lionel Sandoz, 1993-2002.
- Archives de la famille et du Conseil héraldique de Belgique (dossier nobiliaire 18ᵉ siècle).
⚜️Remarque
La branche de Malines s’est éteinte ou fondue dans la bourgeoisie au 19ᵉ siècle ; la branche luxembourgeoise de Vaux-lez-Rosières a conservé plus longtemps le nom et les armes, mais n’apparaît plus dans les listes contemporaines de la noblesse belge subsistante.
Ainsi se présente la maison Mignon, typique de ces familles anoblies sous le régime autrichien pour services administratifs ou financiers, et dont le blason réunit avec élégance les traditions héraldiques brabançonne et ardennaise.
⚜️Biographie de Jean-Baptiste Mignon
(vers 1695 – 1768)
- Principal bénéficiaire de l’anoblissement du 28 juin 1738. Seigneur de Vaux-lez-Rosières et de Longlier.
Né à Mechelen (Malines) vers 1695, fils de Guillaume Mignon, riche marchand drapier et échevin de la ville, et de Catherine van der Borcht.
Issu d’une famille de bourgeoisie aisée établie depuis le XVIIᵉ siècle dans le commerce de la laine et des toiles fines entre Anvers, Malines et les foires de Francfort, il reçut une éducation soignée (latin, droit, comptabilité) au collège jésuite de Malines.
- Carrière sous les Pays-Bas autrichiens : 1718-1725 : commis principal des domaines et finances du quartier de Brabant auprès du Conseil des Finances à Bruxelles.
1726 : nommé receveur général des domaines du duché de Luxembourg et du comté de Chiny (résidence à Bastogne). C’est à ce titre qu’il acquiert progressivement des terres en Ardenne, notamment la seigneurie de Vaux-lez-Rosières (1731) et une partie de celle de Longlier. 1735 : devient conseiller au Conseil souverain de Luxembourg à Luxembourg-ville.
Ses états de service, sa fortune considérable et ses relations avec le ministre plénipotentiaire autrichien (comte de Königsegg-Erps, puis Botta-Adorno) lui valent d’être proposé à l’anoblissement.
- Anoblissement (1738) Par lettres patentes de Marie-Thérèse, impératrice et souveraine des Pays-Bas, données à Vienne le 28 juin 1738, Jean-Baptiste Mignon est créé chevalier, transmissible à tous ses descendants mâles et femelles.
Le diplôme original (conservé autrefois au château de Vaux) mentionne « pour ses longs et loyaux services dans l’administration des finances de Nos provinces belgiques ».
Confirmation de noblesse (1759) : Le 19 novembre 1759, il obtient une déclaration d’ancienne noblesse devant la Chambre des comptes de Luxembourg, ce qui lui permet d’être inscrit aux états nobles de la province et d’accéder aux charges exclusivement réservées à la seconde classe (noblesse immémoriale ou très ancienne). Cette démarche, courante à l’époque, visait à effacer la trace récente de l’anoblissement de 1738 et à assimiler la famille aux lignages plus anciens.
- Mariages et alliances
En 1723, à Malines : Marie-Anne van der Zanden († 1736), fille d’un maître de la guilde drapière.
→ Dont six enfants, dont seule la branche cadette survivra.
En 1739, à Namur : Barbe-Josèphe de Chestret de Haneffe (1718-1792), issue d’une très ancienne maison noble namuroise et luxembourgeoise.
→ Ce second mariage consolide définitivement le rang aristocratique des Mignon en Ardenne.
- Descendance notable
- Charles-Joseph Mignon (1742-1812), chevalier, page de l’impératrice Marie-Thérèse, puis capitaine au régiment de Los Rios (dragons autrichiens). Il émigra en 1794 et mourut à Trèves.
Marie-Thérèse Mignon de Vaux (1745-1820), mariée en 1765 à François-Joseph de Pontieu de Longchamps, d’une famille de la noblesse liégeoise.
- Retiré dès 1760 sur ses terres de Vaux-lez-Rosières, Jean-Baptiste Mignon y fit construire entre 1762 et 1767 l’actuel château de Vaux (style Louis XV ardennais, aujourd’hui classé).
Il mourut au château le 12 mars 1768 et fut inhumé dans l’église paroissiale de Vaux, où l’on voyait encore au XIXe siècle sa dalle armoriée (aujourd’hui disparue).
- Contemporains le décrivent comme un homme de petite taille (« mignon » de corps et d’esprit, dit un mémoire malveillant de 1750), mais d’une intelligence financière exceptionnelle et d’une grande élégance dans les manières. Il parlait couramment le français, le néerlandais et l’allemand, ce qui était rare chez les fonctionnaires de l’époque.
Jean-Baptiste Mignon reste la figure centrale de la maison : c’est par lui que la famille passa du patriciat marchand malinois à la noblesse terrienne du Luxembourg belge, statut qu’elle conserva jusqu’au début du XIXᵉ siècle.
⚜️Biographie de Charles-Joseph Mignon
(1742 – Trèves, 1812) Chevalier
Fils aîné survivant de Jean-Baptiste Mignon et de Barbe-Josèphe de Chestret de Haneffe. Dernier seigneur effectif de Vaux-lez-Rosières.
Né au château de Vaux-lez-Rosières le 17 avril 1742.
Baptisé le lendemain en l’église Saint-Martin de Vaux ; parrain : Charles-Joseph de Chestret, son oncle maternel, capitaine aux carabiniers belges.
Éducation aristocratique classique : 1752-1757 : pensionnaire au collège jésuite de Luxembourg-ville (Theresianum). 1758-1760 : page de l’impératrice-reine Marie-Thérèse à la cour de Vienne (grâce aux relations de son père). Il y apprend l’allemand, l’escrime, l’équitation et la danse.
- Carrière militaire (service autrichien) : 1761 : cornette au régiment de dragons « Los Rios » (propriétaire : marquis de Los Rios, colonel espagnol au service de l’Autriche). 1768 : lieutenant (après la mort de son père). 1775 : capitaine-commandant d’escadron.
Participe à la guerre de Succession de Bavière (1778-1779) : cité à l’ordre pour une charge à Habelschwerdt (Silésie). En 1787 : affecté au régiment de cuirassiers « Nassau-Usingen » lors de la campagne contre les Turcs (siège de Belgrade). Blessé légèrement à la cuisse droite.
Rentré à Vaux en 1789 avec le grade de major en retraite (à 47 ans). Homme d’esprit brillant mais dépensier : il fait aménager les jardins du château à la française, crée une orangerie et entretient une meute de chasse célèbre dans tout le Luxembourg belge.
Membre de la Société littéraire de Luxembourg (fondée en 1779) et correspondant de l’Académie impériale de Bruxelles.
Révolution brabançonne et Révolution française : 1789-1790 : refuse de prêter serment à la République des États-Belgiques-Unis (trop libérale à son goût) mais reste fidèle à l’Autriche.
Juin 1794 : lors de la seconde invasion française, il refuse de se soumettre aux autorités républicaines.
15 juillet 1794 : émigre avec sa famille, ses domestiques et six voitures chargées d’argenterie et d’archives. Traverse la Sûre à gué devant les troupes françaises et gagne Trèves (électorat de Trèves, territoire allemand).
Exil à Trèves (1794-1812). S’installe dans la Markusgasse, au cœur de la ville épiscopale. Reçoit une pension de l’empereur François II puis une demi-solde comme major réformé.
Refuse catégoriquement de prêter serment à Napoléon après 1804, ce qui lui vaut d’être rayé des listes d’émigrés rentrants en 1810.
Mariage et descendance :
Marié le 12 mai 1772 à Arlon avec Marie-Anne de Patiny de Longchamps (1754-1829), fille d’un conseiller au Conseil souverain de Luxembourg. Trois enfants : Jean-François-Joseph Mignon (1774-1795), sous-lieutenant aux dragons Nassau, mort célibataire de la fièvre à l’armée du Rhin. Barbe-Josèphe Mignon (1776-1848), mariée en 1801 (à Trèves) à Auguste von und zu Bodman, officier badois. Marie-Thérèse Mignon (1780-1856), restée célibataire, dernière à porter le nom.
Mort et fin de la branche aînée : Charles-Joseph meurt à Trèves le 3 novembre 1812, à 70 ans, des suites d’une pleurésie contractée lors d’une partie de chasse sur la Moselle.
Inhumé dans le caveau des émigrés français et belges à l’église Saint-Gervais de Trèves.
À sa mort, la seigneurie de Vaux-lez-Rosières (confisquée comme bien d’émigré en 1796) a déjà été vendue comme bien national ; le château est acquis par la famille Boch (verriers) en 1804.
Homme du XVIIIᵉ siècle finissant : élégant, loyal à l’Autriche jusqu’à l’obstination, excellent cavalier, amateur de musique (il jouait du violoncelle).
On conserve de lui un portrait en uniforme de dragon (vers 1785, atelier Lampi le Jeune) qui était encore à Vaux avant 1914 ; il est aujourd’hui perdu ou détruit.
Avec Charles-Joseph Mignon s’éteint pratiquement la branche noble directe de Vaux-lez-Rosières. Le nom et les armes ne subsistent plus ensuite que par les femmes (Bodman, Patiny) et par quelques cousins bourgeois restés en Belgique sous la période française et hollandaise.
⚜️ Auteur : Lionel Sandoz, héraldiste – Armorial.org, 2025.
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