DESCRIPTION
Le COINTRE
Beauvaisis
France
✶ Armoiries :
" D'azur, à une étoile d'or, accompagnée de trois croissants du même. "
✶ Sources héraldiques :
- Armorial général d’Europe, par J.B. Rietstap (Gouda, 1861).
- Armorial d'Europe par J.B. Rietstap (Gouda, 1884, Berlin, 1934) (Gouda, 1887, Berlin 1937).
- Armorial général J.B. Rietstap, illustré par Victor et Henri Rolland (1903-1926). Colorisé par Lionel Sandoz (1993-2002).
- Le Grand Armorial de France, par Jougla de Morénas 1935-1943, de Warren, Frantzen 1960.
✶ Étymologie et toponyme
Le nom "Le COINTRE" (ou variantes comme "Lecointe", "COINTREau") provient du vieux français cointe, signifiant "élégant" ou "habile", dérivé du latin cognitus ("connu"). Ce surnom, mentionné comme "l’élégant (Midi)", est devenu un patronyme porté par des familles nobles et notables en France. Les nouvelles informations confirment une origine probable en Normandie, notamment dans le Calvados et l’Orne, régions souvent à l’origine des migrations vers les colonies comme la Martinique et la Guadeloupe. Toponymiquement, des lieux associés incluent "la Ville au COINTRE" (Saint-Jacut-du-Mené, 22303), "la COINTRE" (Vaucourtis, 77484), et "Hamel et COINTRE" (Les Pieux, 50402), situés en Normandie et en Bretagne, renforçant l’hypothèse normande. Le Beauvaisis, également mentionné, est une région proche de la Normandie, ce qui suggère une possible dispersion régionale avant les migrations coloniales.
✶ Contexte historique
La famille Le COINTRE est une lignée française attestée dès le Moyen Âge, époque de développement de l’héraldique, et présente dans des régions comme le Beauvaisis, la Normandie, la Bretagne, et plus tard dans les Antilles françaises (Martinique, Guadeloupe). Les nouvelles informations mettent en lumière leur présence coloniale au XVIIe siècle, période de colonisation et de commerce transatlantique. Les Le COINTRE de Martinique, issus probablement de migrations normandes ou bretonnes, s’inscrivent dans le mouvement des familles créoles des Antilles, souvent originaires de l’ouest de la France (Normandie, Bretagne). En métropole, la famille est active pendant la Révolution française (Laurent Le COINTRE), et au XIXe siècle, elle s’illustre dans des domaines variés : banque ("Rothschild de l’Ouest"), religion (Joseph Le COINTRE), et érudition (Le COINTRE E.). Leur dispersion géographique et leurs alliances (ex. avec les Dessalles de Margency) montrent leur adaptabilité et leur influence.
✶ Héraldique et symbolique des armes
Les armoiries de la famille Le COINTRE, enrichies par les sources précédentes et confirmées par des références comme le Trésor héraldique de Charles Segoing (1657), varient selon les branches :
Beauvaisis :
Blason : "D’azur, à une étoile d’or, accompagnée de trois croissants du même."
Symbolique : L’azur (bleu) symbolise la loyauté et la noblesse spirituelle. L’étoile d’or évoque la guidance et l’excellence, tandis que les trois croissants d’or représentent la renaissance ou une protection divine. Ce blason céleste reflète une aspiration à des valeurs élevées.
Source : Confirmé par Rietstap (1861, 1884-1937) et autres armoriaux.
Branche Le COINTRE de Camus :
Blason : "D’azur à trois croissants d’or à l’étoile de même en cœur."
Symbolique : Similaire au blason du Beauvaisis, avec l’étoile en cœur soulignant son rôle central, peut-être un symbole familial unificateur.
Branche Le COINTRE d’Abeville :
Blason : "De gueules au chevron d’argent."
Symbolique : Le gueules (rouge) évoque le courage, le chevron d’argent la protection et l’ascension sociale.
Branche de Paris, sgr de Presle :
Blason : D'azur ; au chef, à un écusson surchargé d’une fleur-de-lys."
Symbolique : La fleur de lys indique une connexion royale.
Branche du Beauvaisis, essaimée en Languedoc :
Blason : " Quatre bandes, fasce brochante, chargée de trois tours."
Symbolique : Les bandes et tours évoquent la défense et la stabilité.
Branche Le COINTRE de Maniquet :
Blason : "D’azur à trois demi-vols d’argent, les deux du chef adossés."
Symbolique : Les demi-vols symbolisent la liberté et l’élévation.
La récurrence des croissants et de l’étoile dans les blasons du Beauvaisis et de Camvs suggère un symbole familial fort, peut-être lié à une légende ou une aspiration spirituelle commune. Les sources héraldiques (Segoing, Rietstap, etc.) confirment l’ancienneté et la légitimité de ces armoiries.
✶ Personnages remarquables : Le COINTRE (ordre chronologique)
- Arthur Le COINTRE (1619 - XVIIe s.) : Né en 1619 à Redon (Bretagne), il est présent en Martinique, renforçant l’origine bretonne-normande des Le COINTRE. Sa présence illustre les premières migrations coloniales de la famille.
- Julien Le COINTRE (1645 - actif en 1680) : Né en 1645 à Saint-Malo (Bretagne), il est serviteur en 1680 chez Nicolas Lizambart en Martinique, marquant les migrations coloniales de la famille vers les Antilles.
- René Le COINTRE (1656-1754) : Né en 1656, mort à Sainte-Anne, Guadeloupe, à 98 ans en 1754. Marié à Marie Boyer de Saint-Christophe, il est le père d’Augustin Le COINTRE de Belleville, établissant une branche antillaise.
- Robert Le COINTRE (1661-1665) : Orfèvre au Mans, cité dans le Dictionnaire des artistes & artisans manceaux (Esnault, 1899). Actif entre 1661 et 1665, il montre une branche artisanale de la famille en métropole.
- Augustin Le COINTRE de Belleville (1707-1752) : Né en 1707 à Sainte-Anne, Guadeloupe, mort en 1752 à Baie-Mahault. Marié à Marie Anne Elisabeth Boivin, il est le père de Charles François Le COINTRE de Bellecour.
- Laurent Le COINTRE (1741-1826) : Né en 1741, mort en 1826. Député à l’Assemblée Nationale et à la Convention Nationale, il est une figure clé de la Révolution française. À Versailles, il fomente une émeute en novembre 1789, démissionne de lieutenant-colonel, et perd une candidature à la mairie en 1790.
- Jean-Pierre Le COINTRE Painé (actif 1790s) : Député à la Convention Nationale (1792-1795), il est actif aux côtés de Laurent, partageant ses idéaux révolutionnaires. Ses dates exactes ne sont pas précisées, mais son activité le place dans les années 1790.
- Charles François Le COINTRE de Bellecour (1747-1780) : Né en 1747 à Sainte-Anne, mort en 1780 à Baie-Mahault, Guadeloupe. Marié à Marie "Dieudonnée" Moulins, il est le père de Marie Louise "Antoinette" Victoire Le COINTRE de Bellecour, qui épouse un Dessalles de Margency, marquis.
- Marie Louise "Antoinette" Victoire Le COINTRE de Bellecour (1772-1802) : Née en 1772 à Petit-Bourg, morte en 1802 à Basse-Terre, Guadeloupe. Mariée à François "Dieudonné" Dessalles de Margency, elle donne naissance à Marie Catherine Françoise "Emilie" Dessalles de Margency, reliant la famille à la noblesse créole.
- Joseph Le COINTRE (XVIIIe-XIXe s., actif 1822-1846) : Recteur à Allaire, connu pour son rigorisme ecclésiastique, refusant l’absolution et limitant la communion. Actif à Gaussen de 1822 à 1846, puis à Plougenast de 1847 à 1867, il incarne une influence traditionaliste dans l’Église bretonne.
- Adrien Le COINTRE (marié en 1887) : Marié en 1887 à Renée-Marie (dite Nina) Boguais de la Boissière, il représente une branche tardive en Normandie.
- Le COINTRE (E.) (actif probablement 1893) : Vice-président de la Société historique et archéologique de l’Orne à Alençon (probablement 1893, "493" étant une possible erreur typographique). Il incarne l’érudition familiale au tournant du XXe siècle.
✶ Épilogue : Analyse, analyse critique et conclusion
La famille Le COINTRE, d’étymologie liée à l’élégance (cointe, signifiant "élégant" en vieux français), est une lignée française aux origines normandes (Calvados, Orne) et bretonnes (Saint-Malo, Redon), implantée dans le Beauvaisis et dispersée jusqu’aux Antilles (Martinique, Guadeloupe). Un classement chronologique met en lumière son évolution sur plusieurs siècles : dès le XVIIe siècle, Arthur (1619) et Julien Le COINTRE (1645) illustrent les premières migrations coloniales vers la Martinique, suivis par René Le COINTRE (1656-1754) et ses descendants (Augustin, Charles François, Marie Louise) qui établissent une lignée créole en Guadeloupe, marquée par des alliances prestigieuses comme les Dessalles de Margency. En métropole, Robert Le COINTRE (1661-1665), orfèvre au Mans, montre une diversification professionnelle, tandis que Laurent Le COINTRE (1741-1826) et Jean-Pierre Le COINTRE Painé incarnent l’engagement révolutionnaire à la Convention Nationale. Au XIXe siècle, Joseph Le COINTRE (actif 1822-1867) reflète un rigorisme ecclésiastique, Adrien Le COINTRE (marié en 1887) représente une branche tardive en Normandie, et Le COINTRE E. (actif vers 1893) incarne l’érudition familiale à Alençon. La récurrence des croissants et de l’étoile dans leurs armoiries, symbolisant loyauté et renaissance, suggère une identité familiale unificatrice, peut-être liée à une légende spirituelle. Leur dispersion géographique (Normandie, Beauvaisis, Antilles) et leurs rôles variés (colonisation, artisanat, politique, religion, érudition) témoignent de leur résilience et adaptabilité. Cependant, une généalogie spécifique serait nécessaire pour établir des liens précis entre les branches métropolitaines et antillaises, reflétant ainsi la complexité des familles créoles et nobles françaises.
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