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de FEURS (Mâconnais, Lyonnais, Forez.)

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DE FEURS (MÂCONNAIS, LYONNAIS, FOREZ.)

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DESCRIPTION

DE FEURS
Anciennement FUERS
Mâconnais – Lyonnais – Forez
France

Armoiries
" Losangé d’or et de sable. "

Ces armes sont attribuées à la famille de FEURS, anciennement écrite FUERS, notamment à sa branche possessionnée au Palais, près de FEURS, ainsi qu’aux FEURS de PANISSÈIRES.
Elles sont données sous ce blasonnement par les armoriaux du Forez et du Lyonnais.

Historique
La famille de FEURS, que les documents anciens désignent également sous les formes de FUERS, de FUER, de Fours ou parfois de FEUR, appartient à l’ancienne noblesse du Centre-Est de la France. Son histoire se partage entre le Forez, le Lyonnais et le Mâconnais, régions étroitement liées au Moyen Âge par les intérêts féodaux, les alliances matrimoniales et les voies commerciales reliant Lyon, la vallée de la Saône et les terres foréziennes.
Son nom paraît dériver de la ville de FEURS, ancienne capitale du peuple gaulois des Ségusiaves. Toutefois, l’existence d’un nom géographique commun ne suffit pas, à elle seule, à démontrer que tous les personnages appelés « de FEURS » appartenaient à une même maison. La filiation ancienne doit donc être établie à partir des actes, des possessions et des alliances, plutôt que sur la seule identité du patronyme.
Les auteurs héraldiques mentionnent une famille de FEURS, anciennement FUERS, possessionnée au Palais, près de FEURS, et portant :
" Losangé d’or et de sable. "
Cette présence forézienne est confirmée par la tradition héraldique locale. Les mêmes armes sont attribuées aux FEURS de PANISSÈIRES et apparaissent dans plusieurs recueils consacrés au Lyonnais et au Forez.
La famille aurait possédé, dès la fin du XIIᵉ siècle, des biens ou des droits dans la région de PANISSÈIRES, aux confins du Forez et du Lyonnais. Cette implantation ancienne demeure cependant à préciser par l’étude directe des chartes et des cartulaires. En l’état actuel des recherches, il convient de ne pas présenter comme absolument démontrée une continuité généalogique entre ces premiers porteurs du nom et la branche mâconnaise attestée au XIVᵉ siècle.
À Lyon, plusieurs membres ou homonymes de la famille apparaissent dans l’entourage des institutions municipales et ecclésiastiques. La cité constituait alors un point de rencontre naturel entre la noblesse forézienne, les familles du Beaujolais, du Mâconnais et de la Bresse. Ces relations expliquent probablement le déplacement progressif du centre principal de la famille vers le nord, en direction de la vallée de la Saône.

La filiation suivie avec davantage de vraisemblance commence au XIVᵉ siècle avec :

Renard de FEURS
Renard de FEURS, chevalier ou écuyer selon les sources, est cité vers 1330 comme seigneur d’ESTOURS, en Mâconnais. Il aurait épousé Isabelle de Salornay, issue d’une maison implantée dans la région de Cluny et de la vallée de la Grosne.
La seigneurie d’ESTOURS, située dans le Mâconnais, devint l’une des possessions caractéristiques de la famille. Elle permet de distinguer cette branche noble des simples habitants ou bourgeois ayant porté le nom géographique de FEURS.

Bernard ou Bérard de FEURS
Renard eut pour successeur présumé Bernard, également appelé Bérard de FEURS, seigneur d’ESTOURS.
Il épousa Catherine de Bletterans, issue d’une famille noble dont le nom se rattache à Bletterans, en Franche-Comté. Cette alliance témoigne de l’étendue des relations matrimoniales de la famille, depuis le Forez et le Mâconnais jusqu’aux confins de la Bourgogne et de la Comté.

Guichard de FEURS
Guichard de FEURS, seigneur d’ESTOURS et de la BASTIE-DE-VERS, poursuivit la lignée.
Il épousa Guyotte de Grolée, appartenant vraisemblablement à l’une des branches de l’importante maison de Grolée, famille féodale originaire de Bresse et possessionnée dans une grande partie du Lyonnais, du Bugey et du Dauphiné.
Cette union constitue l’une des alliances les plus prestigieuses attribuées aux FEURS. Elle place la famille dans le réseau de la haute noblesse régionale et confirme son intégration aux élites chevaleresques du Centre-Est.

Jean de FEURS
Jean de FEURS, seigneur d’ESTOURS, est le membre autour duquel la filiation devient plus précise.
Il épousa, par contrat ou célébration du 19 juillet 1466, Antoinette de SACHINS, fille et héritière d’Antoine de SACHINS, seigneur d’Asnières.
Ce mariage apporta à la famille des droits sur les biens et seigneuries de la maison de SACHINS. Certains descendants ajoutèrent dès lors le nom de SACHINS à celui de FEURS et furent désignés sous les formes :
de FEURS-SACHINS ;
de SACHINS de FEURS ;
ou simplement de SACHINS.
La maison de SACHINS se serait ainsi fondue, au moins partiellement, dans celle de FEURS d’ESTOURS. Une source nobiliaire ancienne indique que la famille de SACHINS s’éteignit dans celle de FEURS d’ESTOURS.
De l’union de Jean de FEURS et d’Antoinette de SACHINS seraient notamment issus :
Georges de FEURS ;
Philibert de FEURS, parfois appelé Philibert de SACHINS ;
Antoine de FEURS, ecclésiastique et magistrat, élu au siège épiscopal de Nevers ;
ainsi que probablement d’autres enfants dont la place exacte devra être précisée par les actes de succession et les contrats de mariage.

Antoine de FEURS
Doyen de Lyon et évêque élu de Nevers
Antoine de FEURS, fils de Jean de FEURS, seigneur d’ESTOURS, et d’Antoinette de SACHINS, fut le personnage le plus remarquable de la famille.
Destiné à l’Église, il reçut une formation juridique et bénéficia d’importants appuis dans les milieux ecclésiastiques et royaux. Il fut notamment :
protonotaire apostolique ;
prieur d’Irigny ;
abbé ou titulaire de Saint-Léonard de Ferrières ;
chanoine, puis doyen du chapitre de Lyon ;
conseiller au Parlement de Paris ;
président de la Chambre des enquêtes ;
grand archidiacre de Nantes.
Son appartenance au chapitre de Lyon revêtait un prestige particulier. Les chanoines-comtes de Lyon formaient en effet une institution aristocratique exigeant traditionnellement des preuves de noblesse.
Après la vacance du siège de Nevers, le chapitre se divisa entre deux candidats : Antoine de FEURS, doyen de Lyon, et Imbert de La Platière, doyen de Nevers.
Antoine de FEURS fut pourvu du siège par décision pontificale du 31 mars 1505, mais la concurrence entre les candidats, les interventions royales et les difficultés canoniques empêchèrent son installation définitive. Les sources le présentent tantôt comme évêque de Nevers, tantôt plus exactement comme évêque élu de Nevers.
Il prêta serment au roi Louis XII, mais ne semble pas avoir reçu la consécration épiscopale. Il mourut le 12 septembre 1507, avant que le conflit relatif au siège ne soit pleinement résolu.
Sa carrière illustre l’ascension d’une famille de noblesse provinciale capable de placer l’un de ses membres au Parlement de Paris, à la tête du chapitre de Lyon et parmi les candidats à un évêché important.

Les FEURS-SACHINS
Après le mariage de Jean de FEURS avec Antoinette de SACHINS, une partie de la descendance associa les deux noms.
Cette branche conserva vraisemblablement des droits sur :
ESTOURS ;
La BASTIE-DE-VERS ;
ANIÈRES ;
et divers biens provenant des SACHINS.
Les partages successoraux, les transmissions par les femmes et les ventes semblent avoir progressivement dispersé ce patrimoine au cours du XVIᵉ siècle.
Un François de FEURS-SACHINS est mentionné dans une source relative à la transmission des biens de SACHINS. Une part de cet héritage fut ensuite acquise par Jean de Loriol, fils de Georges de Loriol. Cette opération paraît correspondre à l’une des étapes de la disparition patrimoniale de la branche.
Il conviendra de préciser, dans l’étude généalogique, si François était fils de Georges, de Philibert ou d’un autre descendant de Jean de FEURS et d’Antoinette de SACHINS.

Philiberte de FEURS
Une Philiberte de FEURS, ou de FUERS, est citée au XVIᵉ siècle comme dame d’ESTOURS et de la Bâtie.
Elle aurait épousé en premières noces Jean de La Baulme, puis, devenue veuve, un seigneur du Pizay.
Son existence atteste vraisemblablement la transmission d’une partie des seigneuries familiales par les femmes, à une époque où les branches masculines des FEURS d’ESTOURS paraissaient s’affaiblir ou s’éteindre.
La mention de Philiberte en 1584 doit toutefois être confrontée aux contrats de mariage, reprises de fiefs et actes de partage. Son rattachement précis aux générations précédentes reste à établir avec certitude.
Elle vécut pendant les guerres de Religion, période particulièrement troublée dans le Lyonnais, le Forez, la Bresse et le Mâconnais. Les alliances matrimoniales constituaient alors un moyen essentiel de conserver les terres, de protéger les héritages et de maintenir le rang social des familles nobles.

Implantation en Forez
L’existence d’une branche de FEURS, anciennement FUERS, au Palais, est retenue par la tradition héraldique forézienne.
Le Palais, ou PALAIS-lès-FEURS, dépendait de l’environnement immédiat de la ville de FEURS. La présence des armes losangées dans cette région suggère une implantation seigneuriale ancienne.
Il reste cependant à déterminer :
à quelle époque précise les FEURS possédèrent le Palais ;
si cette branche est directement reliée aux seigneurs d’ESTOURS ;
si PANISSÈIRES constituait une possession familiale ou seulement un lieu d’origine ;
et dans quelles conditions les biens passèrent à d’autres maisons, notamment aux Tournon.
La future généalogie devra donc distinguer :
la branche ancienne du Forez et du Palais ;
les FEURS de PANISSÈIRES ;
la branche d’ESTOURS en Mâconnais ;
les FEURS-SACHINS ;
les éventuels homonymes lyonnais qui ne peuvent pas encore être rattachés à la lignée noble.

Extinction et transmission
La famille de FEURS paraît s’être éteinte progressivement au cours du XVIᵉ siècle dans ses principales branches masculines.
Ses possessions furent divisées, vendues ou transmises par mariage à d’autres maisons du Mâconnais, du Lyonnais, de la Bresse et du Forez.
Cette disparition ne fut probablement pas brutale. Elle semble résulter :
de l’absence d’héritiers mâles dans certaines branches ;
de la transmission des fiefs par les filles ;
du fractionnement des successions ;
de l’aliénation progressive des terres ;
et des troubles politiques et religieux du XVIᵉ siècle.
Les noms composés FEURS-SACHINS ou SACHINS de FEURS peuvent avoir subsisté quelque temps après l’extinction de la branche principale.

Étymologie
Le nom de FEURS est un nom d’origine géographique.
La ville actuelle de FEURS fut, pendant l’Antiquité, le principal centre des Ségusiaves, peuple gaulois établi entre la Loire et le Rhône. Son nom latin était :
Forum Segusiavorum, c’est-à-dire « le marché » ou « le forum des Ségusiaves ».
Au cours du Moyen Âge, le nom évolua sous diverses formes, notamment FOROS, FUER, FUERS, puis FEURS.
Le nom de la province du Forez dérive de la même origine. Le territoire entourant FEURS fut désigné comme le pagus forensis, c’est-à-dire le pays dépendant de Forum.
La famille de FEURS a donc vraisemblablement pris son nom :
soit directement de la ville de FEURS ;
soit d’un fief situé dans sa dépendance ;
soit d’une origine familiale dans l’ancien territoire forézien.
La graphie ancienne FUERS conserve une forme médiévale plus proche de l’évolution phonétique du nom.

Héraldique
Les armes de la famille sont :
" Losangé d’or et de sable. "
Le losangé est une partition couvrant entièrement le champ de l’écu de losanges alternés.
Dans le cas des FEURS, les losanges sont alternativement :
d’or ;
et de sable.

Ces armes sont notamment données à :
la famille de FEURS, anciennement FUERS, au Palais ;
la branche de FEURS de PANISSÈIRES ;
Antoine de FEURS, évêque élu de Nevers ;
plusieurs représentants de la famille mentionnés au XVIᵉ siècle.
Le blasonnement est confirmé par les traditions armoriales du Forez et du Lyonnais, notamment celles associées aux ouvrages de Louis-Pierre Gras et d’André Steyert.
Il ne faut pas confondre les armes familiales avec celles de la ville de FEURS, qui portent traditionnellement " un pot ou vase enflammé " et constituent des armoiries municipales parlantes ou symboliques différentes.

Symbolique des armoiries
Le losangé est une figure géométrique ancienne, très visible sur les sceaux, les écus et les bannières.
L’or est traditionnellement associé à :
la noblesse ;
la générosité ;
la lumière ;
la constance ;
l’élévation morale.
Le sable évoque :
la fermeté ;
la prudence ;
la persévérance ;
la gravité ;
la fidélité dans l’épreuve.
L’alternance régulière de l’or et du sable donne à l’écu un caractère à la fois sobre, puissant et immédiatement reconnaissable.
Il convient toutefois de rappeler que les interprétations symboliques des couleurs sont généralement postérieures à la formation des armoiries. Au Moyen Âge, le choix d’un losangé répondait avant tout à des nécessités d’identification visuelle, de tradition familiale et de transmission héréditaire.

Personnages à distinguer de la famille noble
- Pierre de FEURS, émailleur lyonnais
Un Pierre de FEURS, émailleur à Lyon, est cité vers 1535 dans les travaux consacrés aux artistes et ouvriers d’art lyonnais.
Son nom indique probablement une origine géographique, mais aucun élément décisif ne permet actuellement de le rattacher à la famille noble des seigneurs d’ESTOURS.
Il doit donc être mentionné parmi les homonymes, sans l’intégrer à la généalogie en l’absence de preuve.

Le prétendu « comte de FEURS »
Certaines compilations mentionnent un « comte de FEURS », contre-révolutionnaire mort en 1793.
Cette désignation est problématique. Aucun comté héréditaire de FEURS correspondant à ce titre n’est clairement attesté à la fin de l’Ancien Régime, et aucun personnage précisément identifié ne peut être rattaché à la famille médiévale de FEURS.
Il peut s’agir :
d’une erreur de transcription ;
d’une confusion avec le comte de Forez ;
d’une confusion avec un noble exécuté à FEURS ;
ou d’une désignation géographique mal interprétée.
En conséquence, ce personnage ne doit pas figurer parmi les membres certains de la famille de FEURS.

État actuel des connaissances
La famille de FEURS apparaît comme une ancienne maison noble ayant connu plusieurs foyers successifs ou parallèles :
FEURS et le PALAIS, en Forez ;
PANISSÈIRES, entre Forez et Lyonnais ;
Lyon et son environnement ecclésiastique ;
ESTOURS et la BASTIE-DE-VERS, en Mâconnais ;
les terres provenant de la maison de SACHINS.

La filiation la plus vraisemblable s’organise autour des personnages suivants :

Renard de FEURS
époux d’Isabelle de Salornay



Bernard ou Bérard de FEURS
époux de Catherine de Bletterans



Guichard de FEURS
seigneur d’ESTOURS et de la BASTIE-DE-VERS
époux de Guyotte de Grolée



Jean de FEURS
seigneur d’ESTOURS
époux, le 19 juillet 1466, d’Antoinette de SACHINS



Georges, Philibert, Antoine et autres descendants présumés, à répartir entre les branches de FEURS, de FEURS-SACHINS et de SACHINS de FEURS.

Cette trame constitue une base sérieuse, mais elle devra être vérifiée et complétée par l’étude des preuves originales : contrats de mariage, hommages, reprises de fiefs, testaments, partages successoraux et actes du Cabinet des titres.

Conclusion
La famille de FEURS illustre le destin d’une noblesse provinciale ancienne, née ou implantée en Forez, puis établie en Lyonnais et en Mâconnais.
Ses membres exercèrent des droits seigneuriaux, contractèrent des alliances avec plusieurs maisons importantes de la région et participèrent à la vie ecclésiastique et judiciaire du royaume.
La carrière d’Antoine de FEURS, doyen de Lyon, président de la Chambre des enquêtes du Parlement de Paris et évêque élu de Nevers, marque l’apogée de la famille au début du XVIᵉ siècle.
L’extinction progressive de ses branches principales et la transmission de ses terres par les femmes expliquent la disparition du nom, tandis que ses armes, " losangé d’or et de sable ", en perpétuent le souvenir dans les armoriaux du Forez, du Lyonnais et du Mâconnais.

Sources héraldiques et généalogiques
Louis-Pierre Gras, Armorial général du Forez.
André Steyert, Armorial général du Lyonnais, Forez et Beaujolais.
Georges de Soultrait, Armorial historique et archéologique du Nivernais.
Henri Jougla de Morénas, Grand Armorial de France.
J.-B. Rietstap, Armorial général.
La Chenaye-Desbois et Badier, Dictionnaire de la noblesse.
Morel de Voleine et le comte de Charpin, Recueil de documents pour servir à l’histoire de l’ancien gouvernement de Lyon.
Cabinet des titres de la Bibliothèque nationale de France, Pièces originales et Dossiers bleus concernant FEURS, FUERS et SACHINS.
Lionel Sandoz, armorial.org (Bourgogne, Pays de Tournus, Forez).

Sources historiques
Auguste Broutin, Histoire de la ville de FEURS et de ses environs, 1867.
Honoré Fisquet, La France pontificale.
Augustin-Joseph Crosnier, Monographie de la cathédrale de Nevers, suivie de l’histoire des évêques de Nevers.
Gallia Christiana.
Marius Audin et Eugène Vial, Dictionnaire des artistes et ouvriers d’art du Lyonnais.
Cartulaires du Forez, du Lyonnais et du Mâconnais.
Archives départementales de la Loire.
Archives départementales de Saône-et-Loire.
Archives municipales de Lyon.
Archives du Parlement de Paris.

⚜️ © Lionel Sandoz, héraldiste — dessin des armoiries et texte — Armorial.org, 2026.



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