DESCRIPTION
EYRIES (ou EYRIÈS) / EYRIEZ
Provence, Normandie.
France
✶ Armoiries :
" De sinople à un lion rampant d’or. "
✶ Sources héraldiques
- Histoire héroïque et universelle de la Noblesse de Provence. Trois tomes avec Cartes Armoriales, imprimés à Avignon chez la Veuve Girard, Imprimeur-Libraire, Place Saint-Didier, avec permission des Supérieurs, 1754-1757.
- Armorial Général de Provence, du Comtat-Venaissin et de la Principauté d’Orange, par René Borricand, 1974.
- Armorial.org, base de données héraldique constituée et mise en ligne par l’héraldiste Lionel Sandoz.
✶ Historique
La famille EYRIES (variantes : EYRIÈS, EYRIEZ, EYRIER, Heyriès) est une ancienne lignée provençale attestée dès le XVIe siècle dans le haut pays (Vaucluse, Alpes-de-Haute-Provence, Bouches-du-Rhône).
Issue de racines latines et ecclésiastiques, elle se développe dans le Luberon et le diocèse d’Apt avant de se diversifier : branches rurales et bourgeoises dans le Vaucluse, maritimes à La Ciotat, marchandes et intellectuelles à Marseille, puis normandes au Havre.
Au XXe siècle, des extensions apparaissent en Espagne.
La famille traverse l’Ancien Régime, la Révolution, l’Empire et les périodes industrielles, illustrant la mobilité provençale du terroir vers la mer et les opportunités urbaines.
✶ Étymologie
Le patronyme EYRIES dérive de formes latines anciennes (Arigius, Erigius, Aregius ou Aredius), popularisées par saint Arige (ou Arey), évêque de Gap à la fin du VIe siècle.
Il est éponyme de lieux comme Saint-Eyriès à Bonnieux (Vaucluse) ou des hameaux dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Typiquement méridional, il reflète une implantation rurale et religieuse ancienne dans le Sud-Est de la France.
✶ Héraldique
Les armoiries principales de la famille sont :
" De sinople à un lion rampant d’or. "
Attestées dans les armoriaux provençaux, elles symbolisent l’espérance et la fertilité (sinople) associées à la force, au courage et à la prospérité (lion d’or).
✶ Les branches normandes et maritimes conservent généralement ces armes pleines, sans brisure documentée.
✶ Symbolique du blason
- Le champ de sinople évoque les paysages verdoyants du Luberon et la constance terrienne.
- Le lion rampant d’or représente la vaillance maritime (pour les branches de La Ciotat) et l’élan intellectuel ou marchand (branches de Marseille et du Havre).
Ensemble, ces éléments traduisent une identité provençale dynamique, alliant enracinement et mobilité.
✶ Biographique et généalogique des branches principales
- Branche du Vaucluse originaire de Saignon (diocèse d’Apt)
Ancrée à Saignon (village perché du Luberon), cette lignée roturière est attestée dès la fin du XVIe siècle (mentions de Pierre, Marguerite, Delphine, Bartholomé EYRIES).
- La filiation clé remonte à Mathieu EYRIEZ (ou Matthieu EYRIES), qui épouse Lionne GONDON (famille ancienne de Saignon/Apt) au XVIIe siècle.
Les GONDON sont des alliés récurrents. Cette union s’inscrit dans un milieu rural et petit-bourgeois (propriété terrienne, artisanat, petits offices).
La branche reste principalement implantée dans le Luberon au XVIIe-XVIIIe siècles, avec des alliances locales (Sollier, Laurençon, etc.).
La branche du Vaucluse, originaire de Saignon, dans le diocèse d’Apt, porte traditionnellement pour armoiries : " de sinople à un lion rampant d’or ".
✶ Migration maritime vers La Ciotat
Dès la fin du XVIIe ou début du XVIIIe siècle, des descendants de la branche de Saignon migrent vers La Ciotat (Bouches-du-Rhône), port de cabotage et de chantiers navals en plein essor.
- Germain EYRIES, marinier (matelot/cabotier), originaire de Saignon, épouse Anne Isnarde (ou Isnard) vers 1694-1700 à La Ciotat. Il marque le lien direct entre le Luberon et la mer.
- Hugues EYRIES († 14 octobre 1756 à La Ciotat), capitaine de vaisseau (marine marchande), épouse Anne Anchies (ou Anchier).
- Père notamment de Barthélemy Estienne EYRIES (marié en 1729).
- Mention d’un Barthélemy-Mathieu EYRIES lié à la propriété de navire vers 1731.
Cette branche ciotadenne s’implante durablement dans les métiers maritimes (cabotage, commerce côtier, chantiers navals) au XVIIIe-XIXe siècles et perdure au XXe siècle (mentions d’habitants à La Ciotat).
Elle illustre la mobilité économique des familles provençales face à la pression démographique rurale.
✶ Branche de Marseille et migration normande
Issue des dynamiques provençales maritimes, cette lignée culmine avec :
- Jacques-Joseph EYRIÈS (v. 1733/1734-?), lieutenant de frégate, administrateur au Sénégal, impliqué dans le commerce atlantique. Père de :
- Jean Baptiste Benoît EYRIÈS (1767-1846), géographe, traducteur polyglotte (auteur/traducteur de nombreux récits de voyages, Fantasmagoriana, membre fondateur de la Société de Géographie), établi au Havre.
- Alexandre Joseph EYRIÈS (1778-1862), négociant, historien local et maire de Graville-l’Eure (près du Havre).
Cette branche incarne l’ascension intellectuelle et bourgeoise caractéristique du XIXe siècle. Elle conserve, comme les autres lignées provençales, les armoiries « De sinople à un lion rampant d’or. »
✶ Autres branches
- Manosque/Pierrevert (Alpes-de-Haute-Provence) : Notables (notaires, juges, maires) aux XVIIe-XVIIIe siècles.
- Branches espagnoles au XXe siècle (Arturo Eyries Rupérez, pharmacien militaire ; Martín Eyries Valmaseda, ingénieur).
- Artistes et divers (Gustave EYRIÈS, peintre).
✶ Sources héraldiques
- Histoire héroïque et universelle de la Noblesse de Provence, Avignon, Veuve Girard, 1754-1757.
- Borricand, René, Armorial Général de Provence, du Comtat-Venaissin et de la Principauté d’Orange, 1974.
- Armorial.org, compilé par l’héraldiste Lionel Sandoz.
✶ Sources bibliographiques
- Tardy, Dictionnaire des horlogers français, 1971-1972.
- Oursel, Nouvelle biographie normande, 1886-1912.
- Bellier de La Chavignerie & Auvray, Dictionnaire général des artistes, 1882-1885.
- Dezobry & Bachelet, Hoefer (biographies générales du XIXe siècle).
- Figuras contemporáneas (Espagne, 1950-1956) ; González Vera (1980-1981).
✶ Archives
- Vaucluse : Registres paroissiaux et notariaux de Saignon et Apt (Archives départementales).
- Bouches-du-Rhône : Archives municipales de La Ciotat (état civil, fonds chantiers navals) ;
- Archives départementales (Inscription maritime du quartier de Marseille – matricules, rôles d’équipage, séries 7R).
- Gallica (BnF) : Manuscrits de Jacques-Joseph EYRIÈS (observations maritimes) ; œuvres de Jean-Baptiste Benoît EYRIÈS (Nouvelles Annales des Voyages, etc.).
- Normandie : Archives départementales de Seine-Maritime (fonds Eyriès au Havre/Graville) ; Société de Géographie.
- Recherches complémentaires : Armoriaux provençaux et registres maritimes (SHD Toulon/Rochefort).
⚜️ © Droits d'auteur : Lionel Sandoz, dessin des armoiries et texte, 2026.
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