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MANGOT de VILLARCEAUX

MANGOT de VILLARCEAUX_Poitou, Beauce Paris._France (1)

MANGOT DE VILLARCEAUX

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DESCRIPTION

MANGOT DE VILLARCEAUX
Haut-Poitou, Beauce, Paris,
France

✶ Armoiries :
" D'azur, à trois éperviers d'or chaperonnés, longés et grillés du mesme. "

✶ Sources héraldiques :
- Armorial d'Europe par J.B. Rietstap (Gouda, 1861, 1884, 1887; Berlin, 1934, 1937).
- Armorial général J.B. Rietstap, illustré par Victor et Henri Rolland (1903-1926). Colorisé par Lionel Sandoz (1993-2002).

MANGOT DE VILLARCEAUX
✶ Historique
La famille MANGOT est une ancienne famille française originaire du Poitou, plus précisément du Loudunais (Haut-Poitou). Attestée dès le XVe-XVIe siècles à Loudun, elle appartient initialement à la bourgeoisie marchande et aux offices royaux locaux. Elle s’élève progressivement dans la noblesse de robe grâce à des charges parlementaires et administratives.
La branche principale MANGOT DE VILLARCEAUX s’implante en Beauce et à Paris au XVIe siècle par acquisitions et alliances (notamment la seigneurie de VILLARCEAUX en Beauce, acquise via le mariage avec les Le Beau). Elle atteint son apogée aux XVIe et XVIIe siècles avec des membres occupant de hautes fonctions dans l’État (secrétaires d’État, Garde des Sceaux, maîtres des requêtes, intendants). La famille illustre parfaitement l’ascension de la noblesse de service sous l’Ancien Régime. Des branches apparentées subsistent en Poitou sous les noms MANGOT D’ORGÈRES ou MANGOT DE MILLERAN.

✶ Étymologie
Le patronyme MANGOT est un nom de famille français, probablement un diminutif de Mangaud ou Mangault, d’origine romane ou occitane. Il évoque éventuellement un ancien surnom lié à un métier ou à une caractéristique personnelle. Le toponyme « de VILLARCEAUX » désigne la seigneurie de VILLARCEAUX (près de Voves, en Beauce, Eure-et-Loir actuel), qui devient le nom distinctif de la branche parisienne et beauceronne à partir du début du XVIIe siècle.

✶ Héraldique
Les armoiries de la famille MANGOT DE VILLARCEAUX sont :
« D’azur, à trois éperviers d’or chaperonnés, longés et grillés du même. »

✶ Variante pour la branche MANGOT D’ORGÈRES (Poitou) :
« D’azur, à trois éperviers d’or, chaperonnés et longés de gueules. »
Ces armes sont enregistrées dans les principaux armoriaux européens.

✶ Symbolique du blason
L’azur symbolise la loyauté et la vérité. L’épervier, oiseau noble et vigilant utilisé en fauconnerie, représente la perspicacité, la rapidité et l’autorité. Les trois éperviers évoquent la force triplée et la vigilance constante. Le chaperon, les longes et le grillage d’or soulignent la maîtrise, la richesse et le service fidèle au souverain. L’ensemble reflète parfaitement les valeurs de la noblesse de robe : justice, administration et fidélité à la Couronne.

✶ Biographique des personnages remarquables
- Claude MANGOT (vers 1520-1593) : Avocat au Parlement de Paris, anobli en 1555, seigneur de Villeran, Dreville et Orgères par son mariage avec Geneviève Sevin. Ancêtre de la branche parisienne.
- Claude MANGOT (1556-1624), seigneur de VILLARCEAUX : Fils du précédent. Conseiller au Parlement, maître des requêtes, secrétaire d’État à la Guerre et aux Affaires étrangères (1616), puis Garde des Sceaux de France (novembre 1616 – avril 1617) sous Louis XIII. Époux de Marguerite Le Beau, dame de VILLARCEAUX. Disgracié après la chute de Concini.
- Anne MANGOT (vers 1594-1655), seigneur de VILLARCEAUX : Fils de Claude. Maître des requêtes, conseiller aux Parlements de Bretagne et de Paris, intendant des Trois-Évêchés. Marié à Marie Phélypeaux (fille de Paul Phélypeaux de Pontchartrain).
- Marie-Madeleine MANGOT DE VILLARCEAUX : Mentionnée en 1663 dans les cercles jésuites et de la cour (épouse en 1663, liée à l’entourage de Claude de la Colombière).
La famille entretient des alliances prestigieuses (Phélypeaux, Le Beau, etc.) et apparaît dans plusieurs affaires judiciaires ou religieuses du XVIIe siècle.

✶ Histoire de la seigneurie de VILLARCEAUX
La seigneurie de VILLARCEAUX est située en Beauce, dans l’actuel département d’Eure-et-Loir, près de Voves (commune des Villages Vovéens). Contrairement au célèbre domaine de VILLARCEAUX du Vexin (Val-d’Oise), il s’agit ici d’une seigneurie beauceronne, plus modeste, acquise par la famille MANGOT au tournant des XVIe et XVIIe siècles. Elle constitue un exemple typique de propriété terrienne détenue par la noblesse de robe parisienne.

✶ Origines médiévales
La seigneurie de VILLARCEAUX est attestée dès le Moyen Âge, probablement au XIIIe ou XIVe siècle, dans la paroisse de Voves. Comme beaucoup de seigneuries beauceronnes, elle repose sur des terres agricoles fertiles (céréales, vignes), des fermes et des droits seigneuriaux classiques (cens, corvées, justice). Elle dépendait initialement de suzerains locaux ou ecclésiastiques, notamment du Chapitre de Chartres.

✶ Acquisition par les MANGOT (fin XVIe – début XVIIe siècle)
La seigneurie entre dans la famille MANGOT par le mariage de Claude MANGOT (1556-1624), futur Garde des Sceaux de France, avec Marguerite Le Beau, dame de VILLARCEAUX. Cette alliance permet à la famille originaire du Poitou d’acquérir une assise territoriale en Beauce, région proche de Paris et stratégique pour la noblesse de robe.
Claude MANGOT devient seigneur de VILLARCEAUX, de Villeran, d’Orgères et d’autres lieux.
En 1620, son fils Anne MANGOT (1594-1655), maître des requêtes, obtient du Chapitre de Chartres l’autorisation de bâtir une chapelle dans sa maison de VILLARCEAUX. Cela témoigne de l’embellissement du domaine et de l’élévation du statut seigneurial.
La seigneurie sert alors de résidence secondaire à cette famille parisienne active dans les hautes charges de l’État (Parlement, intendances, secrétariat d’État).

✶ Au XVIIe siècle : apogée et alliances
Sous Anne MANGOT, seigneur de VILLARCEAUX, la seigneurie connaît son rayonnement le plus important. Anne, intendant des Trois-Évêchés sous Richelieu, y reçoit probablement des membres de la noblesse de robe. La famille entretient des liens étroits avec les Phélypeaux (par le mariage d’Anne avec Marie Phélypeaux). La seigneurie reste un bien familial jusqu’à la fin du XVIIe siècle, avant de passer éventuellement à d’autres lignées par héritage ou vente.

✶ Évolution ultérieure
Après les Mangot, la seigneurie de VILLARCEAUX suit le sort habituel des petites seigneuries beauceronnes : transmission par alliances, morcellement progressif des terres, et perte de pouvoir seigneurial à la Révolution. Au XIXe et XXe siècles, le site devient essentiellement agricole (fermes, cultures céréalières), comme en témoigne l’existence actuelle d’une SCEA de VILLARCEAUX.
Aujourd’hui, il ne subsiste pas de château monumental visible, mais le lieu-dit conserve son nom et son caractère rural dans la plaine beauceronne.
Importance historique
La seigneurie de VILLARCEAUX illustre surtout l’ascension sociale de la famille MANGOT : d’origine poitevine, elle s’ancre en Beauce pour consolider sa noblesse récente par la possession terrienne. Elle symbolise le modèle de la noblesse de service du XVIIe siècle, qui allie charges parisiennes et domaines provinciaux.

✶ Sources principales :
Archives départementales d’Eure-et-Loir (fonds seigneuriaux et notariaux de Voves).
Histoire de la maison royale de France et ouvrages sur les officiers de la Couronne.
Mentions dans les registres du Chapitre de Chartres (1620).
Biographies de Claude et Anne Mangot.

✶ Sources héraldiques
Armorial d’Europe par J.B. Rietstap (Gouda, 1861, 1884, 1887 ; Berlin, 1934, 1937).
Armorial général J.B. Rietstap, illustré par Victor et Henri Rolland (1903-1926). Colorisé par Lionel Sandoz (1993-2002).
Armorial.org (Lionel Sandoz) : entrées MANGOT DE VILLARCEAUX et MANGOT D’ORGÈRES.

✶ Sources bibliographiques
Histoire de la maison royale de France, anciens barons du royaume et des grands officiers de la couronne, Vol. 9, 1968.
Le grand dictionnaire historique de Louis Moréri.
Annales de la Compagnie du Saint-Sacrement.
Histoire du vénérable P. Claude de la Colombière.
Registres des délibérations du bureau de la ville de Paris.
Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou (Beauchet-Filleau).
Divers ouvrages sur les ministres et parlementaires du règne de Louis XIII.

✶ Archives
Les archives concernant la famille MANGOT et MANGOT DE VILLARCEAUX se trouvent principalement aux Archives nationales (fonds des secrétaires d’État et maîtres des requêtes), aux Archives départementales d’Eure-et-Loir (seigneurie de VILLARCEAUX) et de la Vienne (origines poitevines), ainsi que dans les minutes notariales parisiennes (contrats Phélypeaux-Mangot). Des armoiries figurent dans des manuscrits de la Bibliothèque Mazarine et des inventaires après décès.
Cette notice refondue et unifiée combine l’histoire générale de la famille MANGOT (origines poitevines) avec celle de sa branche la plus illustre MANGOT DE VILLARCEAUX. Elle s’appuie exclusivement sur des sources historiques et héraldiques classiques.

Cette histoire reste liée à celle de la famille MANGOT DE VILLARCEAUX, dont elle constitue le principal titre seigneurial en Beauce.


© Droits d'auteur : Lionel Sandoz, dessin des armoiries et texte, 2026.



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