DESCRIPTION
SCHNEIDER
Haute-Alsace
France
✶ Armoiries :
" Coupé : au 1er de gueules à deux fleurs-de-lis d’argent ; au 2e d’argent à un chevron de gueules. "
✶ Historique
La famille SCHNEIDER est l’une des plus répandues en Alsace, issue d’un patronyme professionnel courant dans les régions de langue germanique. Présente dès le XVIe siècle dans de nombreuses localités alsaciennes (Colmar, Munster, Ensisheim, Réguisheim, etc.), elle s’implante durablement à travers des métiers variés : forgerons, tailleurs, administrateurs, bourgeois et officiers municipaux. Des mouvements migratoires, notamment après la guerre de Trente Ans, ont renforcé sa présence, avec des apports de Suisse, d’Allemagne (Hesse, Bavière) et d’autres régions germaniques. Au XVIIe siècle, des branches bourgeoises de Colmar et Munster accèdent à des charges notables (baillis, prévôts, greffiers), témoignant d’une ascension sociale dans le contexte de l’intégration progressive de l’Alsace au royaume de France.
✶ Étymologie
Le nom SCHNEIDER est d’origine germanique et désigne un « tailleur d’habits » (du verbe schneiden, couper). Variantes orthographiques courantes en Alsace : Schnider, Schneiter, Schneiderlin. Ce patronyme professionnel, très fréquent dans les pays alémaniques (Allemagne, Suisse, Autriche), s’est diffusé largement sans lien de parenté systématique entre tous les porteurs.
✶ Héraldique
Les armoiries de la famille SCHNEIDER (Alsace), enregistrées dans l’Armorial général de France (Armorial d’Hozier) pour la Généralité d’Alsace sous le règne de Louis XIV, sont décrites comme suit :
Coupé : au 1er de gueules à deux fleurs-de-lis d’argent ; au 2e d’argent à un chevron de gueules.
Ce blason figure parmi ceux des bourgeois et notables alsaciens du XVIIe siècle. Il a été porté notamment par Jean Melchior SCHNEIDER, bourgmestre de Faffenheim, et correspond aux branches de Colmar et Munster (Balthazard SCHNEIDER et descendants). Le blason fourni dans la demande correspond précisément à cette description héraldique.
✶ Symbolique du blason
Les deux fleurs-de-lis d’argent sur gueules : symbole de pureté, de loyauté et de foi (la fleur-de-lis évoque traditionnellement la France et la vertu chrétienne). Leur position en chef suggère une distinction ou une élévation.
Le chevron de gueules sur argent : figure géométrique évoquant le soutien, la protection ou la charpente (toit de maison), souvent associé à la stabilité, la fidélité et la force. La couleur de gueules (rouge) renvoie au courage, à la générosité et au sang (vie, sacrifice).
L’ensemble, dans un style bourgeois typique de l’Alsace du XVIIe siècle, reflète des valeurs de service public, d’intégrité et de stabilité familiale au sein de la société alsacienne.
✶ Biographique des personnages remarquables
Balthazard SCHNEIDER (vers 1540-1616) : économe de l’abbaye de Marbach, intendant de la famille noble de Ruest, maire de la cour domaniale d’Eguisheim, régisseur et conseiller au Magistrat de Colmar. Il illustre l’ascension des SCHNEIDER dans l’administration ecclésiastique et seigneuriale.
Jean Balthasar SCHNEIDER (1612-1658) : juriste, archiviste et diplomate de Colmar. Député des villes de la Décapole aux négociations de Westphalie (Münster et Osnabrück), bailli de Sainte-Croix-en-Plaine. Figure majeure de la bourgeoisie protestante alsacienne au XVIIe siècle.
Jean Melchior SCHNEIDER : bourgmestre du village de Faffenheim (fin XVIIe siècle), dont les armoiries sont explicitement enregistrées dans l’Armorial d’Hozier.
D’autres membres ont exercé des fonctions de baillis, greffiers, prévôts ou ecclésiastiques à Munster, Colmar, Riquewihr, etc. Des branches plus modestes étaient forgerons, tailleurs ou vignerons.
✶ Sources héraldiques
Armorial général de France (Armorial d’Hozier), Généralité d’Alsace (1696-1710), consultable sur Gallica (BNF).
Recherches et redessins par l’héraldiste Lionel Sandoz sur armorial.org (entrée spécifique SCHNEIDER (Alsace)).
Descriptions dans les travaux de Christian Wolff sur les familles bourgeoises de Colmar.
✶ Sources bibliographiques
Christian Wolff, Une famille bourgeoise d’Alsace : les Schneider de Colmar, de la fin du XVIe au début du XVIIIe siècle, thèse de l’École des chartes, 1956.
Notices du Centre de Recherches sur l’Histoire des Familles (CRHF) sur les familles SCHNEIDER en Alsace.
Armorial général de France (édition relative à l’Alsace).
Travaux historiques locaux sur Colmar, Munster et les villages du Haut-Rhin (relevés paroissiaux, inventaires).
✶ Archives
Archives départementales du Bas-Rhin et du Haut-Rhin (registres paroissiaux, minutes notariales, fonds du Magistrat de Colmar, bailliages).
Bibliothèque nationale de France (Gallica) : Armorial d’Hozier, Généralité d’Alsace.
Archives municipales de Colmar, Munster et autres localités alsaciennes (actes de baptêmes, mariages, successions, délibérations du Magistrat).
Ces fonds confirment la présence continue des SCHNEIDER depuis le XVIe siècle et leurs rôles dans l’administration locale.
Cette notice s’appuie sur des sources historiques et héraldiques fiables relatives à l’Alsace, sans recours à des bases de données généalogiques commerciales. La famille SCHNEIDER incarne typiquement la bourgeoisie alsacienne, ancrée dans son terroir et marquée par son service à la cité.
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